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La patience de BNP Paribas a des limites

©Lieven Van Assche

Baudouin Prot a mis en garde le gouvernement belge. Compte tenu de l'incertitude entourant ce dossier, convaincre les actionnaires du groupe français d'adhérer au projet de reprise de Fortis ne sera pas une mince affaire.

Bruxelles (L'Echo) - Dans le dossier Fortis, les certitudes s'envolent au gré des jours et les rumeurs jouent des coudes avec les véritables informations. De passage à Bruxelles lundi soir pour rencontrer le conseil des ministres réuni dans le cadre du dossier Fortis, Baudouin Prot, le CEO de BNP Paribas, a livré un message en demi-teinte à nos dirigeants.

Compte tenu de l'incertitude entourant ce dossier, convaincre les actionnaires du groupe français d'adhérer au projet de reprise de Fortis ne sera pas une mince affaire.

Une information sort du lot : quoi qu'il arrive, les Français ne sont pas disposés à remettre la main au portefeuille. En outre, il se dit que Fortis connaît à nouveau des problèmes de liquidités. Or, si les autorités ont décidé d'adosser l'ex bancassureur belgo-néerlandais à un acteur financier de premier plan, c'était justement pour faire face à ces problèmes de liquidités. Preuve que plus aucune piste n'est écartée, le gouvernement aurait demandé à la SFPI, son bras financier qui détient actuellement 100 % des actions Fortis, d'étudier la faisabilité de la poursuite des activités de Fortis en stand alone. Au cas où… Dans ce cas de figure, il faudrait encore régler les problèmes de liquidité et gérer le portefeuille des produits dits toxiques.

Pressions ?

En marge de cela, l'arrêt de la cour d'appel suspendant la vente des actifs à BNP et aux Pays-Bas n'en finit pas de produire ses effets. Sans verser dans la théorie du grand complot, il semble que le gouvernement mouline tant qu'il peut pour casser cet arrêt qu'il n'a pas réussi à retarder. L'enquête sur le déroulement de la procédure en appel lancée par le procureur général près la cour d'appel irait en ce sens, selon certaines sources. Si l'on prouve que des juges ont agi en excès de pouvoir, l'arrêt pourrait être cassé et ce, dans les meilleurs délais. Cependant, la méthode (une enquête lancée à la demande du ministre de la Justice) pose question dans les travées du palais de Justice. Pressions gouvernementales et autres violations de la séparation des pouvoirs, la grogne monte.

Pourquoi la SFPI a-t-elle introduit une requête en réouverture des débats ? Pourquoi une juge, que l'on dit proche du CD & V, a-t-elle refusé de signer l'arrêt ? Pourquoi le juge Blondeel a-t-il rendu son arrêt un vendredi soir dans le dos de tous les avocats pourtant présents au Palais de Justice ? Autant de questions qui mériteraient que l'on y réponde au risque de jeter le doute sur un dossier qui, décidément, sent de plus en plus le souffre.

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