Le Crédit Agricole a le vent en poupe et s'urbanise

Luc Versele, CEO du Crédit Agricole

Le groupe coopératif continue de convaincre de nouveaux clients. Et poursuit sa conquête des milieux urbains. En 2010, de premières agences-contact devraient être ouvertes dans quelques grandes villes.

Bruxelles (L'Echo) - Le Crédit Agricole ne quitte pas les campagnes, loin s'en faut. Mais il s’ancre davantage dans les villes. La diversification du groupe coopératif lui a en effet permis de franchir sans trop de mal la tempête financière de 2007 et 2008. Son bénéfice net a ainsi grimpé l’an dernier de 23,8% à 42,7 millions d’euros. Et ses fonds propres ont gonflé de quelque 80 millions d’euros pour atteindre 632 millions. 

En deux ans, la clientèle du Crédit Agricole a gonflé de 85.000 unités. Parmi eux figurent quelque 21.000 anciens clients de la filiale belge de la banque islandaise Kaupthing. La majorité d’entre eux s’est recasée chez Keytrade, la filiale internet. A première vue, les «ex-Kaupthing» sont satisfaits : selon les responsables du Crédit Agricole, 86% d’entre eux ont maintenu 70% des montants apportés dans les coffres du groupe.

Au 31 décembre, le Crédit Agricole, qui comprend le réseau franchisé de la banque homonyme, la banque internet Keytrade et Europabank, comptait 565.104 clients. Le produit bancaire a donc pu poursuivre sa progression: il a gagné l’an dernier 3,7% pour atteindre 265 millions d’euros.

Dopé par sa situation financière saine, le groupe bancaire «vert» entend poursuivre sur sa lancée, en jouant sur deux tableaux: la croissance organique et la croissance externe. La première passera par une diversification plus poussée, du côté de l’internet banking notamment. «Nous comptons développer cette année une approche  'multi-canal' pour étendre nos activités bancaires sur internet. Outre les comptes épargne et à terme, nous prévoyons également à terme de proposer des crédits online», précise Luc Versele, CEO du Crédit Agricole.

Agences-contact

Autre vecteur de croissance: l'extension du réseau d'agences. Le groupe compte ouvrir cette année sept ou huit «agences-contact», structures légères de deux ou trois personnes qui seront progressivement implantées dans les grandes villes et permettront aux clients de bénéficier d’un service personnalisé complémentaire à l’offre internet. De quoi prolonger l’expansion d’une banque dopée notamment par le bond spectaculaire des crédits logement (+30,5%) et par la croissance régulière des crédits aux PME (+11%).

Cette belle progression est toutefois plus impressionnante que la part de marché du Crédit Agricole sur ce segment: elle tourne autour de 2%. «Nous voulons utiliser le crédit logement comme un produit d'appel pour attirer le client vers nos autres produits», souligne Luc Versele.

On le voit, la banque est de moins en moins rurale. Et les graves difficultés que connaît le monde agricole ne font rien pour arranger les choses. L’activité dans ce segment a chuté de 12,4% l’an dernier.

Il n’empêche, le groupe reste à l’affût d’acquisitions sur le marché domestique. «La faiblesse de notre part de marché nous oblige à la croissance organique, mais aussi à étudier les opportunités éventuelles en banque de détail. Le reste est un problème de prix, de faisabilité et d'intégration», estime Alain Diéval, président du conseil d’administration. Les deux caisses du Crédit Agricole français et les caisses belges disposent des moyens financiers nécessaires, assure-t-il. 

Aucun dossier concret n’a été ouvert à ce jour, affirme Luc Versele. Le nom de Centea, la filiale de franchisés de KBC, est sur toutes les lèvres. Mais le patron du Crédit Agricole tourne plutôt son regard vers de plus petites entités qui pourraient se trouver en difficulté du fait du repli des grandes banques sur le marché domestique, où elles se livrent actuellement à des campagnes de reconquête agressives. 

 

 

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