Le nouveau rebondissement vu par la presse écrite

Bruxelles (L'Echo) - "Qui peut encore dire ce que sera Fortis à l'avenir?" La question posée par Le Soir de ce lundi traduit parfaitement l'état d'esprit des acteurs de ce mauvais roman qui risque bien de se poursuivre l'an prochain. L'incertitude est grande et les adversaires sont sans merci l'un pour l'autre. Certes, mais "jusqu'où ne pas aller trop loin", se demande Paul Gérard dans son éditorial, et qui ajoute: "pour l'instant, le dossier Fortis n'est un succès pour personne, même plus pour BNP Paribas qui passait pour le roi de l'histoire". Entre parenthèses, la banque française doit faire face également au scandale Madoff qui lui aurait fait perdre quelque 350 milllions d'euros.


Un nouveau conseil des ministres se penchera ce lundi soir sur les réponses juridiques à apporter à l'arrêt de la cour d'appel. La banque française reste encore et toujours le favori de l'équipe Leterme. Pour Didier Reynders, "le projet lancé avec la BNP Paribas est le meilleur. il est encore possible d'avancer."
Pour les épargnants, le risque reste limité puisque l'Etat reste l'actionnaire de Fortis. Quant au personnel Fortis, l'inquiétude revient quant à leur avenir. Une fois de plus.

Dans La Libre Belgique, maître Putzeys souligne que l'arrêt de la cour d'appel ne remet pas en cause le "deal" avec la BNP Paribas mais indique que les petits actionnaires ont bien été entendus. Dans le courrier des lecteurs, ces derniers reprochent à L'Etat de vouloir défendre  les employés et les épargnants au détriment des petits actionnaires, sacrifiés. La colère domine et le terme d'incompétence (dans le chef du gouvernement) revient dans les courriers publiés.

Dans le journal flamand De Standaard, le cabinet Modrikamen souhaite que "le gouvernement mette de côté son ego pour renégocier le deal".

En France, le journal économique Les Echos consacre une large part de sa Une à ce nouveau rebondissement en titrant: "La justice belge retarde l'opération BNP-Fortis".  Le quotidien consacre quasiment une page de sa section finance au dossier et revient sur les divers scénari possibles. Une voie judiciaire, celle de la négociation, un passage en force ou une sortie de BNP Paribas.  Cette dernière solution est aujourd'hui "la moins probable souligne Les Echos car la BNP Paribas a redit son intérêt dans l'opération Fortis et s'est déjà fortement engagée auprès de ses équipes."

"Le rachat de Fortis par BNP Paribas est supendu" titre Le Figaro Economie de ce lundi.  "Il semble régner comme une malédiction au-dessus de la banque Fortis". Ainsi commence l'article, qui retrace avec force détails les derniers épisodes de cette saga. Le journaliste, Pierre Avril, souligne que "c'est le prix de la transaction qui est remis en question. Certains actionnaires évoquent 10 milliards d'euros de cadeaux consentis à la BNP". Dans la conclusion à son article, Pierre Avril indique que "dans son ensemble, la classe politique (belge) cherche à préparer l'opinion publique à des mois ou des années d'incertitude".

La Tribune, autre quotidien économique français, se contente, elle, de reprendre l'information dans une brève. Dans l'attente de nouveaux développements? Ou par lassitude quant à ce dossier sans fin?

Nos collègues britanniques du Financial Times consacrent la Une de la section entreprise à l'affaire en résumant la décision prise ce week-end. L'article consacre une large part à l'avis du gouvernement belge, toujours disposé à régler la vente dans l'intérêt des épargnants et de l'entreprise.  "Le gouvernement indique qu'il est toujours déterminé à compléter la vente à BNP".

L'International Herald Tribune donne la parole à la partie adverse, les actionnaires représentés notamment par Me Modrikamen.  Pour Laurent Arnauts, du cabinet Modrikamen, "la situation n'a jamais été meilleure pour Fortis pour renégocier le dossier". 

Affaire à suivre, car le feuilleton  est loin d'être terminé.

Philippe Degouy

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