Le trader avait déjoué 74 alertes

(afp) - Le trader Jérôme Kerviel a déjoué 74 alertes à tous les niveaux de la chaîne de contrôle entre décembre 2006 et janvier 2007, d'après le rapport d'étape de l'Inspection générale de la Société Générale.

Les alertes, étalées sur plus d'un an, ont notamment porté sur le contrôle opérationnel en salle de marchés, le règlement/livraison, le suivi des commissions versées aux brokers ou le suivi des risques de marché (où 24 alertes sont restées sans suite).

Au niveau du contrôle opérationnel, le rapport pointe par exemple l'absence de "pré-confirmation pour l'une des transactions enregistrées" par Jérôme Kerviel en juillet 2007 ou une "erreur de contrepartie entre les portefeuilles" en janvier 2008.

L'Inspection générale souligne à plusieurs reprises que les procédures ont été respectées mais qu'il n'y a eu "aucune initiative prise pour s'assurer de la véracité des affirmations de Jérôme Kerviel ou transmettre l'information à la hiérarchie proche".

"Lorsque la hiérarchie a été prévenue, elle n'a pas réagi", note même le rapport.

Le back office, chargé du suivi administratif et de l'enregistrement comptable des opérations, "ne porte pas de regard critique sur les explications ponctuelles qui lui sont apportées", note l'Inspection à propos de quatre alertes différentes.

Seule une alerte déclenchée en janvier 2008 permet de déceler la "fraude". "Alerte et investigation suite à huit opérations sur forwards (...) échange de mails et réunion avec le trader", note laconiquement le rapport.

Jérôme Kerviel, trader de la Société Générale, a été accusé de fraude dont le coût définitif pour la banque est de 4,911 milliards d'euros, la plus coûteuse de l'histoire de la finance, selon la banque.

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