Les dividendes des banques européennes menacés

Le Crédit Agricole dégradé ©BLOOMBERG NEWS

C'est ce qu'estime la banque d'affaires Morgan Stanley. Elle abaisse ses prévisions en la matière et dégrade Crédit Agricole et Swedbank.

(Reuters) - Le durcissement des normes bancaires mondiales fait peser une menace sur les dividendes des banques européennes, estime Morgan Stanley, qui a abaissé ses prévisions en la matière et dégradé deux établissements du continent.


Les propositions de Bâle, qui doivent prendre effet d'ici la fin 2012, pourraient affecter les banques européennes, observe Morgan Stanley, qui ajoute qu'elles pourraient avoir besoin de 83 milliards d'euros de capitaux supplémentaires d'ici 2012.


Le comité de Bâle des banquiers centraux et des régulateurs financiers cherche à éviter que la crise du crédit se répète et à réduire la volatilité cyclique de l'industrie en améliorant la qualité des fonds propres des banques.


Le président américain Barack Obama a également proposé de nouvelles règles destinées à restreindre les activités des banques, en particulier les plus lucratives.


"Nous pensons que les règles de Bâle III et les propositions américaines risquent de se traduire, à moins qu'elles ne soient amendées, par une hausse du coût des crédits aux entreprises, davantage de prise de risque sur les liquidités (...)", expliquent les analystes de Morgan Stanley dans une note adressée à leurs clients.


Ils ont en conséquence réduit leurs prévisions de dividendes pour Deutsche Bank, Crédit agricole, Crédit Suisse, BBVA, Société générale, Unicredit, Intesa, BNP Paribas et KBC.


"Les incertitudes qui planent au-dessus des capitaux signifient que les dividendes risquent d'être réduits et nous pensons que les marchés ont sous-estimé l'impact potentiel (des propositions de Bâle et d'Obama)."

Mardi, le Comité des régulateurs bancaires européens a indiqué qu'il allait examiner dans quelle mesure les propositions de Bâle et les propositions alternatives pourraient affecter les banques de l'Union européenne.


Les analystes de Morgan Stanley estiment que si les projets actuels sont mis en oeuvre sans être modifiés, il faudra ôter 241 milliards d'euros de ratios tier One aux banques européennes.


Ils ont par ailleurs abaissé leur recommandation sur Crédit agricole à "neutre" contre "surpondérer" et Swedbank à "souspondérer".

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