Les mandats au comité européen de BNPP créent la discorde

L'intégration de BNP Paribas Fortis est entachée d'un bras de fer syndical entre les représentants belges et luxembourgeois, d'un côté et français de l'autre.

Bruxelles (L'Echo) - L'intégration, jusque là sans accroc, de BNP Fortis au sein de sa maison-mère française connaîtrait-elle sa première fausse note ? En coulisses, un bras de fer s'est engagé depuis plusieurs semaines entre les syndicats français de BNP Paribas d'un côté, et leurs homologues belges et luxembourgeois de BNP Paribas Fortis.


Des pourparlers non officiels ont eu lieu fin 2009 entre la direction,  les délégations syndicales de BNPP et de l'ex-Fortis Banque. Sur cette base, la direction de la banque française a élaboré, un projet informel de nouveau comité  européen mais les représentants syndicaux français de BNPP, ne souhaitent pas le valider en l'état. Or, l'accord doit être signé entre la direction de BNPP et les syndicats français.
Ces derniers redoutent une surreprésentation des luxembourgeois au sein du comité, et dénoncent le risque de remise en cause de la "culture européenne du groupe".

Selon le pré-projet,  les français  disposeraient de 8  sièges contre 4 pour les belges, 4 pour les italiens, 3 pour les luxembourgeois, 2 pour le Royaume-Uni, 2 pour la Pologne, 2 pour l'Espagne, et 2 pour l'Allemagne. Il serait question  de porter de 32 à 38 le nombre de représentants maximum au sein du comité.

Dans le camp belgo-luxembourgeois, plusieurs sources syndicales déplorent "une situation de blocage causée par les syndicats français", et "la rupture du dialogue". Des tensions avec les syndicats français ? "Comment peut-il y avoir des tensions avec des gens qu'on ne voit plus?", ironise, René Van Marcke du SETCa qui plaide pour au moins 5 représentants belges.

Lettre à la direction
Les syndicats belges SETCa, le syndicat chrétien CSC-CNE, et le libéral CGSLB ont prévu d'envoyer dans les prochains jours un courrier à la direction de BNP Paribas pour l'alerter de la situation, indique René Van Marcke.

"Les organisations syndicales françaises ne demandent pas un nombre de sièges correspondant au poids des effectifs du pays - la France représente 48%des effectifs pour 11% des sièges -  mais tiennent à ce que les pays où le Groupe est fortement représenté puissent avoir un poids équivalent dans le comité européen.", justifie une source syndicale française proche des négociations.  

Cette source estime que "Cette règle est à peu respectée pour les principaux pays. La Belgique et l'Italie détiendraient par exemple 11% des sièges pour 14% des effectifs.  Mais il est difficile d'expliquer que le Royaume-Uni (6% des effectifs pour 5% des voix), la Pologne (4% des effectifs pour 5% des voix), l'Espagne (3% des effectifs pour 5% des voix), et l'Allemagne (2,5% des effectifs pour 2,6% des voix) aient moins de représentants que le Luxembourg (3% des effectifs pour 8% des sièges)".

Le dossier est d'autant plus crucial que le comité européen est un important organe d'information et de consultation.
Les parties doivent trouver un terrain d'entente d'ici au mois d'avril, qui marquera la fin de la mandature de l'actuel comité.
Des négociations plénières officielles devraient avoir lieu en début d'année mais aucun calendrier n'a encore été fixé. La direction de BNPP qui avait réussi à emporter l'adhésion des syndicats belges en respectant ses engagements sociaux se serait bien passée de ce dossier embarrassant.

K.T.

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