Les prêts immobiliers sur 40 ans "inacceptables" pour Test-Achats

L'association les trouve trop chers et peu avantageux. Elle s'inquiète également de l'intérêt du ministre de l'Economie pour l'hypothèque inversée.

(belga) Test-Achats, l'association de défense des consommateurs, dénonce la tendance des banques de proposer des prêts sur 40 ans. L'association les trouve trop chers et peu avantageux. Elle s'inquiète également de l'intérêt du ministre de l'Economie pour l'hypothèque inversée.

"On se retrouve face à un paradoxe sociologique: d'une part les banques proposent des prêts sur 40 ans, de l'autre les couples durent de moins en moins longtemps", constate Jean-Philippe Ducart, porte-parole de Test-Achats. "Le crédit sur 40 ans semble avantageux parce qu'on rembourse moins chaque mois, mais en fait, le coût des produits annexes est beaucoup plus lourd", ajoute-t-il. Ces prêts sur 40 ans ont été imaginés par les banques pour atténuer les effets du boom de l'immobilier et de la flambée des prix qui a suivi. "Ils se calquent également sur la pyramide démographique. Mais en réalité, ce n'est pas tenable. Un couple qui vole en éclat au bout de dix ans se retrouve condamné à payer encore le prêt pendant trente ans. Sans compter le fait qu'il faut renouveler l'hypothèque au bout de trente ans", souligne le porte-parole. Pour Test-Achats, il vaut donc mieux contracter un emprunt sur trente ans. Pour elle en effet, "la différence de remboursement n'est pas énorme et les coûts des produits annexes sont moins élevés".

L'association s'inquiète aussi d'une idée lancée selon elle par le ministre de l'Economie, Marc Verwilghen: l'introduction en Belgique de l'hypothèque inversée. "Le particulier peut recevoir une somme d'argent correspondant à une partie de la valeur de son bien. Lorsqu'il décède ou entre en maison de repos, la banque récupère la maison et la vend à son seul profit", explique Jean-Philippe Ducart. Cette formule s'adresse principalement aux personnes plus âgées, ayant déjà remboursé leur maison. "Le risque serait grand de voir ces personnes basculer dans la pauvreté, si elles avaient dilapidé le capital prêté au moment de leur entrée en maison de repos", avertit encore Test-Achats. "Vendre sa maison signifie souvent pour les personnes âgées se constituer un capital de réserve dans lequel on peut éventuellement puiser.

Avec l'hypothèque inversée, ce capital disparaît entièrement", ajoute l'association de défense des consommateurs. L'hypothèque inversée, déjà bien implantée dans les pays anglo-saxons notamment, n'en est encore qu'à la phase de réflexion en Belgique.

Dans un communiqué publié le 24 janvier sur son site internet, la Febelfin se réjouissait cependant de l'avènement de cette nouvelle forme de crédit. "Le secteur souhaite pouvoir répondre aux nouveaux besoins de la population, mais notre législation actuelle ne permet pas à nos entreprises d'octroyer de tels crédits. Dans cet esprit, le secteur est en train de finaliser des propositions concrètes d'adaptation de la législation et souhaite poursuivre le dialogue constructif déjà entamé avec les autorités à cet égard.", soulignait la fédération du secteur financier.

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