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Leterme et Reynders ne tiennent pas le même discours

Après l'audition de Didier Reynders, c'était au tour de l'ancien Premier ministre Yves Leterme d'être entendu par la Commission d'enquête parlementaire sur le dossier Fortis. Les deux hommes n'ont visiblement pas la même version des faits : alors que Reynders assure que l'avis que s'apprêtait à rendre le 6 novembre le substitut D'Haeyer dans l'affaire Fortis n'était connu ni de lui ni de son chef de cabinet, Leterme affirme qu'il semblait connu d'Olivier Henin, chef de cabinet du ministre des Finances .

Bruxelles (Belga) -L'ancien Premier ministre Yves Leterme a confirmé le contenu de sa lettre du 17 décembre, rendue publique à la Chambre, dans laquelle, a-t-il rappelé lundi en Commission d'enquête parlementaire, il écrivait que "la portée générale de l'avis" que s'apprêtait à rendre le 6 novembre le substitut D'Haeyer dans l'affaire Fortis, semblait connue d'Olivier Henin, chef de cabinet du ministre des Finances Didier Reynders.

Le ministre des Finances Didier Reynders a indiqué lundi en Commission que le contenu de l'avis n'était connu, à ce moment, ni de lui ni de son chef de cabinet. Selon lui, M. Henin a été informé le 6 novembre par les avocats de l'Etat belge de ce qu'une audience allait être organisée en vue de permettre au substitut D'Haeyer de lire son avis. C'est également ce qu'a indiqué Olivier Henin lui-même vendredi.

Yves Leterme a pour sa part affirmé lundi que le 6 novembre, il était déjà connu depuis une semaine, qu'un avis allait être rendu ce jour.

M. Leterme a dit avoir obtenu le 17 décembre un compte-rendu par son chef de cabinet Hans D'Hondt de ce qui s'est déroulé lors de la réunion entre les chefs de cabinet du Premier ministre et les vice-Premiers le 6 novembre. C'est lors de cette réunion qu'ont eu lieu des contacts relatifs à l'avis du substitut Paul D'Haeyer.

A l'instar de Didier Reynders, l'ancien Premier ministre s'est défendu d'avoir entretenu le moindre contact avec la magistrature dans l'affaire Fortis. "Je n'ai jamais eu de contact ou cherché à avoir un contact avec un magistrat. Je n'ai jamais donné non plus de mission en ce sens et nous n'avons jamais tenté d'influencer la procédure", a assuré Yves Leterme qui a justifié sa lettre retraçant différents contacts entre l'exécutif et le judiciaire par la volonté de faire oeuvre de transparence après la parution d'articles de presse qui ont porté atteinte à son "honneur". Le 17 décembre, après avoir interrogé Hans D'Hondt, j'ai réalisé que s'était déroulée une série d'événements qui n'auraient pas pu se produire, a-t-il dit.

Un Conseiller d'Yves Leterme, Pim Van Walleghem, avait téléphoné au parquet à propos de l'avis qu'il s'apprêtait à rendre dans l'affaire Fortis. Le 17 décembre, Yves Leterme lui a signifié que sa position devenait intenable. Un projet de lettre de démission a été présenté au Conseil des ministres restreint. M. Van Walleghem allait être sous le coup d'une procédure disciplinaire.

Avant cela, Yves Leterme a indiqué avoir été mis au courant à trois reprises d'éléments en lien avec la procédure judiciaire Fortis dont deux contacts avec son chef de cabinet à propos d'une part "d'irrégularités" liées à la tenue d'une "audience informelle", et d'autre part de la juge Schurmans dont le mari proposait de la nommer dans le Comité Lamfalussy, ce qui fut refusé.

La Commission a terminé ses travaux à huis clos pour évoquer la lettre du juge Blondeel selon laquelle l'arrêt que s'apprêtait à rendre la Cour d'appel était connu à l'extérieur, la décision faisant, selon lui, l'objet d'une tentative d'évacuation. La Commission n'a pas conclu sur les suites à réserver à cette lettre. Elle tranchera demain mardi et examinera également à cette occasion les demandes d'auditions supplémentaires voulues par l'opposition.

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