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Maurice Lippens et l'(ex-)direction de Fortis entendus

©Jerry De Brie

Le comte Maurice Lippens ainsi que des dirigeants, passés ou actuels, de Fortis ont été entendus par la Commision spéciale chargée d'examiner la crise financière et bancaire. L'audience a été longue - plus de trois heures - et M. Lippens y est apparu serein, ne refusant de répondre à aucune question, selon plusieurs sources.

Bruxelles (Belga) - La commission spéciale chargée d'examiner la crise financière et bancaire a entendu pendant de longues heures lundi l'ancien homme fort de Fortis, le comte Maurice Lippens ainsi que des dirigeants, passés ou actuels, du bancassureur. M. Lippens aurait reconnu l'une ou l'autre "erreur d'interprétation".

C'est à huis clos, comme pour toutes les auditions d'invités devant la commission mixte, que Maurice Lippens (65 ans) a répondu aux questions des parlementaires. Entré par une porte arrière de la salle de la commission, dans la Maison des parlementaires, il en est ressorti tout aussi discrètement, évitant ainsi les photographes et cameramen venus en nombre pour saisir le portrait de cet homme qui n'est plus apparu en public depuis de nombreux mois.

L'audience a été longue - plus de trois heures - et M. Lippens y est apparu serein, ne refusant de répondre à aucune question, selon plusieurs sources. "Franchise et humilité", résume l'un. Certains toutefois parlaient d'un homme marqué par le démantèlement de son groupe.

"Il a été d'une grande honnêteté, reconnaissant certaines erreurs, mais que l'on connaissait déjà", commente un autre. Il s'agirait d'erreurs d'appréciation, indique-t-on à une autre source, comme celle concernant l'abandon de l'octroi des dividendes et leur transformation en actions, mais aussi celle de ne pas avoir désigné un patron fixe pour remplacer Jean-Paul Votron à l'été 2008, préférant la solution Herman Verwilst "ad interim". Ces éléments ont laissé flotter de l'incertitude à une période où les marchés avaient besoin d'être rassurés.

M. Lippens aurait aussi pointé du doigt le rôle, par trop "tatillon", joué à l'époque de la saga ABN Amro par la Banque nationale néerlandaise. Ce long blocage en 2007 a emmené Fortis et le consortium de rachat jusqu'à une période d'assèchement des flux interbancaires, sans quoi les problèmes de liquidités ne seraient pas apparus. Mais "personne ne dit qu'ABN Amro était une mauvaise idée", relève-t-on.

Après Maurice Lippens, les sénateurs et députés ont entendu en même temps l'ancien administrateur-délégué de Fortis Banque Herman Verwilst, l'ancien administrateur-délégué du holding et actuel CEO de la banque Filip Dierckx, et l'actuel CEO du holding Karel De Boeck. Le trio est entré dans la salle de la commission sous le regard des caméras et des photographes.

"Ils sont restés dans des généralités, sans donner d'information particulière qui contredise Maurice Lippens", assure un parlementaire. Concernant le sauvetage de Fortis, fin septembre début octobre, le trio s'est cantonné dans une prudente réserve en raison des procédures judiciaires, ajoute un autre.

De l'aveu de plusieurs autres parlementaires, la commission permet certes de mieux définir les conditions dans lesquelles est survenue la crise et le rôle joué par les différents organes du secteur, mais les nouveautés que l'on y apprend se résumeraient à quelques détails "sans incidence particulière".

La responsabilité des sociétés de notation américaines (concernant la cotation longtemps très positive des produits structurés), l'imprévisibilité de la crise et sa fulgurance sont généralement mises en avant par les interlocuteurs.

Vendredi, la commission entendra à huis clos les responsables de la Société fédérale de participation et d'investissement (SFPI), le bras financier de l'Etat qui a permis de nationaliser Fortis Banque au plus fort de la crise, ainsi que l'économiste de l'ULB André Sapir. Elle tiendra ensuite une réunion publique sur l'état d'avancement des travaux, en compagnie des experts.

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