Nouvelle inculpation pour Vincent Doumier

Vincent Doumier, CEO (temporairement suspendu) de Bois Sauvage.

Auditionné aujourd'hui par le juge d'instruction Michel Claise, l'administrateur-délégué du holding Bois Sauvage, a, une nouvelle fois, été inculpé de délit d'initié. Il lui est reproché d'avoir vendu son propre portefeuille d'actions Fortis dans le courant de l'après-midi du 3 octobre, à quelques heures de la suspension du titre Fortis. Cette vente ne porterait que sur quelques milliers d'euros.

Bruxelles (L'Echo) - L'annonce de l'inculpation de Vincent Doumier pour un délit d'inité éventuel touchant, cette fois, son portefeuille personnel intervient après un nouveau rebondissement dans l'affaire Bois Sauvage où il est peut-être également question de corruption.

Cette nouvelle piste concerne plus spécifiquement V.A., la trader de Bois Sauvage, impliquée dans la vente suspecte des 3,6 millions de titres Fortis le 3 octobre 2008.

Peu de temps après la transaction incriminée, la trader ne travaillait plus pour Bois Sauvage. Selon nos informations, celle-ci aurait reçu un important dédommagement en échange de son silence concernant les transactions effectuées le 3 octobre 2008.

Par contre, si elle décidait de se mettre à table, elle devait rétrocéder les sommes perçues. Il y a de fortes chances pour que le parquet de Bruxelles traite cette affaire comme un cas de «corruption privée».

En tout état de cause, cette trader est l'une des témoins clé du dossier, elle aurait parlé aux enquêteurs. Elle leur aurait expliqué comment deux paquets de titres Fortis (1,6 million et 1 million) auraient été vendus en toute hâte. La transaction s'est déroulée juste après la tenue d'un conseil d'administration extraordinaire de Fortis Banque, auquel Luc Vansteenkiste, également administrateur chez Bois Sauvage, aurait participé.

Selon le code pénal, il est question de corruption privée quand le conseil d'administration, l'assemblée générale ou l'employeur n'est pas au courant des rémunérations suspectes.

Cela aurait été le cas dans le dossier Bois Sauvage. Des éléments tendent à démontrer que certaines personnes chez Bois Sauvage, dont Guy Paquot, le président du conseil d'administration récemment nommé au poste de CEO ad interim du holding, n'étaient pas au courant des transactions suspectes effectuées à quelques heures du démantèlement de Fortis. l

N.K. 

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