NYSE Euronext crée deux chambres de compensation en Europe

Vincent Van Dessel, CEO de Nyse Euronext Bruxelles.

L'opérateur boursier NYSE Euronext a annoncé mercredi la création de ses propres chambres de compensation, basées à Londres et à Paris, lui permettant, d'ici à fin 2012, de cesser d'avoir recours aux services de la chambre de compensation européenne LCH.Clearnet.

(afp) - Les activités européennes de compensation de titres et instruments dérivés de NYSE Euronext seront transférées "d'ici fin 2012 (...) vers deux nouvelles chambres de compensation dédiées et basées à Londres et à Paris", a indiqué l'opérateur transatlantique dans un communiqué. La chambre créée à Londres sera dédiée aux produits dérivés de taux, aux matières premières et aux devises, tandis que la nouvelle chambre de compensation de Paris traitera les actions et les dérivés sur actions.

En conséquence, "la relation commerciale avec le groupe LCH.Clearnet prendra fin en 2012", précise le communiqué.

Confronté à une concurrence aiguisée, l'opérateur boursier cherche à réduire autant que possible la charge que représentent pour lui les tarifs des services proposés par LCH.Clearnet.

Ces nouvelles chambres, pour la création desquelles NYSE Euronext prévoit d'investir jusqu'à 60 millions de dollars d'ici à 2012, devraient lui permettre de "générer d'importantes économies opérationnelles pour ses clients".

L'internalisation des activités de compensation permettrait ainsi à l'opérateur de réaliser des revenus supplémentaires d'"au moins 100 millions de dollars par an" à partir de 2013, et d'enregistrer "une réduction significative" de ses coûts.

NYSE Euronext avait engagé cette stratégie au premier trimestre 2009, avec la création de NYSE Liffe Clearing, destinée à intégrer la compensation pour les produits dérivés sur sa plateforme Liffe à Londres, tout en laissant les activités de garantie et de gestion des défaillances à LCH.Clearnet.

Au-delà de l'intégration complète de la compensation de ses activités au comptant et sur produits dérivés en Europe, l'opérateur envisage d'étendre les services de ces nouvelles chambres "aux marchés de gré à gré" et surtout "à certaines autres plateformes de négociations".
Une stratégie qui prend forme alors que gouvernants et régulateurs plaident pour une généralisation de la compensation au maximum de transactions traitées sur ces marchés et ces plateformes.

Malgré la perspective de la séparation commerciale, NYSE Euronext assure cependant maintenir "un dialogue permanent et étroit" avec LCH.Clearnet, dont il était le partenaire historique.

LCH.Clearnet était né en 2003 de la fusion entre la London Clearing House et la société Clearnet, basée à Paris et dont Euronext était l'actionnaire majoritaire. NYSE avait par la suite réduit progressivement sa participation dans LCH.Clearnet, ramenée aujourd'hui à 9,1% du capital.
De son côté, Roger Lidell, directeur exécutif de LCH.Clearnet, cité dans un communiqué distinct, s'est dit "désireux de continuer à travailler avec eux jusqu'à ce que le contrat (entre NYSE et LCH.Clearnet) se termine".

L'Autorité des marchés financiers, l'Autorité de contrôle prudentiel et la Banque de France "seront particulièrement vigilantes à la poursuite du développement des services de compensation offerts à Paris par LCH.Clearnet sur d'autres segments que les marchés de NYSE Euronext", ont par ailleurs indiqué dans un communiqué commun les autorités de régulation françaises.

Les trois institutions ont également rappelé "leur attachement à la compensation en zone euro des opérations en euros effectuées sur des marchés d'importance systémique".

Les chambres de compensation assurent une fonction centrale pour les marchés réglementés et de plus en plus importante sur les marchés de gré à gré: elles assurent la sécurité des opérations entre vendeurs et acheteurs, jouant en dernier ressort le rôle de fonds de garantie.

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