Procès Citibank: du retard à l'allumage

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Entrecoupé d'une proposition de transaction acceptée par 98% des clients lésés, le procès Citibank Belgium a repris ce lundi. A vitesse réduite. La défense attend la remise d'un nouveau document à charge.

Bruxelles (L'Echo) - Après une première audience en décembre 2009, le procès Citibank devait démarrer effectivement ce lundi. Mais il a été entravé par de nouveaux ratés à l'allumage. La remise au ministère public d'une nouvelle pièce, en l'occurrence des documents à charge transmis par un ancien agent indépendant de Citibank, a en effet suscité des grognements sur le banc de la défense. Qui a obtenu une remise du document dès mardi.

Conséquence: l'audition des trois prévenus (José de Penaranda, directeur général de Citibank Belgium, François Staroukine, directeur juridique, et son prédécesseur Bernard Beyens) a été reportée à jeudi.

Le document, d'une trentaine de pages, a été écrit par l'ancien gérant de l'agence Citibank de Bouge, près de Namur. Transmis le 27 mars dernier au Procureur du Roi, il dénonce le comportement de la banque dans le traitement des produits financiers de la banque américaine faillie Lehman Brothers.

Du côté des défenseurs des prévenus, on ne s'est pas privé de dénoncer le dépôt tardif de cette nouvelle pièce. "Nous sommes en plein brouillard. Le procureur du Roi aurait pu nous fournir des copies. Nous ne sommes plus à l'époque du sémaphore qu'on utilisait en Guyane au 19e siècle", tonne Me Marc Preumont.

Plus généralement, la défense dénonce le manque de transparence dans l'élaboration du dossier.

L'instruction d'audience, qui devait commencer ce lundi, est donc reportée de trois jours. Les audiences de la semaine prochaine devraient quant à elles être consacrées aux auditions de témoins, parmi lesquels Jean-Paul Servais, président de la CBFA (Commission bancaire, financière et des assurances) et Bruno Colmant, ancien président d'Euronext Bruxelles.

L'audience de lundi aura néanmoins permis de circonscrire de manière précise le banc des parties civiles. Pour rappel, Citibank a proposé début janvier, sous la pression de Deminor notamment, une transaction à ses 4.144 clients lésés. Nonante-huit pour cent d'entre eux, soit 4.059 clients, ont accepté le compromis proposé, qui leur permet de récupérer immédiatement 65% de l'argent investi. Les clients qui le souhaitent pourront en outre placer les montants récupérés sur un compte bloqué à terme fixe de 3 ans avec capitalisation automatique des intérêts à un taux annuel brut de 5,3%. Le recouvrement brut atteindra alors 75,9%, ou 74,2% après précompte mobilier.

Restent 85 clients qui n'ont pas accepté ce compromis. Cinquante-sept d'entre eux se sont constitués partie civile.

L.V.D.

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