Résultats mitigés pour les banques US

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Pluie de résultats ce mercredi du côté des banques américaines. Si Wells Fargo avance des chiffres meilleurs qu'attendus, Morgan Stanley et Bank of America ont, toutes deux, déçu le marché.

(AFP et Reuters) - Bank of America: La première banque américaine, Bank of America, a enregistré une perte plus importante que prévu au quatrième trimestre à cause du coût du crédit, indique-t-elle dans un communiqué mercredi.

Pour les trois derniers trimestres de 2009, la banque a passé une perte nette part du groupe de 5,196 milliards de dollars contre 2,392 milliards un an plus tôt, soit 60 cents par action, alors que les analystes tablaient en moyenne sur une perte de 52 cents seulement.

Au troisième trimestre, elle avait déjà essuyé une perte plus importante qu'attendu.

Le chiffre d'affaires de la banque, à 25,076 milliards de dollars, est lui aussi ressorti en dessous des attentes des analystes de Wall Street, qui tablaient sur 26,84 milliards en moyenne.

La firme de Charlotte, en Caroline du Nord (Est), a pâti d'un recul, comparé à il y a un an, de la demande de prêts, de "son portefeuille de gestion de dette" et de "l'impact défavorable de prêts faisant défaut".

Les pertes liées au crédit à la consommation ont diminué par rapport au précédent trimestre, note la banque, qui a malgré cela augmenté sa provision pour pertes liées au crédit à 10,110 milliards contre 8,535 milliards un an plus tôt.

Les recettes provenant des activités de marché et de banque d'investissement ont de leur côté fortement rebondi.

Pour l'ensemble de l'année 2009, Bank of America a enregistré une perte de 2,204 milliards de dollars contre un bénéfice de 2,556 milliards un an plus tôt, et un chiffre d'affaires de 119,643 milliards de dollars contre 72,782 milliards en 2008.

"Même s'il est décevant de publier une perte au quatrième trimestre, nous avons réalisé un certain nombre d'éléments importants", a commenté le nouveau directeur général de Bank of America, Brian Moynihan.

"Nous avons remboursé les contribuables américains, avec un taux d'intérêt", des aides gouvernementales reçues au plus fort de la crise, a-t-il souligné, alors que son groupe a versé début décembre 45 milliards de dollars au Trésor correspondant à l'aide accordée dans le cadre du plan de sauvetage du système financier.

"Nous avons aussi renforcé notre bilan grâce à des offres de titres réussies. Enfin, toutes nos activités non liées au crédit ont contribué favorablement à nos résultats".

"A l'orée de 2010, nous sommes encouragés par les signes d'une amélioration de l'économie, alors que nous avons observé une stabilisation de nos coûts de crédit, en particulier dans les activités liées aux consommateurs", a poursuivi M. Moynihan.

"Cela dit, l'économie reste fragile et nous nous attendons à ce que le chômage se maintienne à un niveau élevé, créant un frein persistant sur la croissance et sur les dépenses des consommateurs", a-t-il ajouté.

Morgan Stanley: La banque d'affaires a publié mercredi un nouveau bénéfice pour le quatrième trimestre, inférieur aux attentes à 376 millions de dollars, qui ne l'a pas empêchée de rester déficitaire sur l'ensemble de l'année à hauteur de 907 millions de dollar.

Rapporté au nombre d'actions, le bénéfice du trimestre s'élève à 29 cents, là où les analystes en attendaient 36. Le produit net bancaire (chiffre d'affaires pour une banque) est également inférieur aux attentes, à 6,842 milliards de dollars, contre 7,81 attendus.

Le tableau est en revanche un peu meilleur qu'attendu pour l'ensemble de l'année, avec une perte par action limitée à 76 cents là où les analystes attendaient une perte de 87 cents.

Le produit net bancaire de l'année est tout de même en-deçà des attentes à 23,358 milliards de dollars (+28%), contre 24,86 milliards attendus.

"Durant une année de transision pour notre société et l'ensemble du secteur financier, les employés de Morgan Stanley ont produit une performance notablement améliorée", s'est réjoui le nouveau directeur général James Gorman, qui a succédé à John Mack au début de l'année, tout en relevant que le climat actuel restait "extrêmement fluide".

Le total des sommes mises de côté sur l'année pour la rémunération des employés de la banque new-yorkaise s'élève à 14,438 milliards de dollars, en hausse de 31% sur un an.

Wells Fargo: La banque américaine a publié mercredi un bénéfice net de 7,990 milliards de dollars pour l'année 2009, légèrement supérieur aux attentes, contre un bénéfice de 2,369 milliards l'année précédente.

Au quatrième trimestre, le bénéfice s'élève à 2,82 milliards de dollars, légèrement supérieur aux attentes, mais le bénéfice attribuable aux actionnaires ne s'élève qu'à 394 millions, en raison notamment des remboursements et des dividendes dus au titre du plan de sauvetage des banques.

La banque avait annoncé fin décembre avoir remboursé à l'Etat américain 25 milliards de dollars d'actions préférentielles, y compris un dividende de 131,9 millions.

Le bénéfice net ramené par action s'élève à 8 cents sur le trimestre, alors que les analystes tablaient sur une perte net de 1 cent sur cette période.

Sur l'année 2009, Wells Fargo dégage un produit net bancaire de 88,7 milliards de dollars, avec un nouveau record trimestriel lors des trois derniers mois de 2009 (22,7 milliards de dollars).

State Street: L'un des plus importants investisseurs institutionnels au monde, a dit mercredi que son bénéfice net avait quasiment doublé au quatrième trimestre, dépassant le consensus du marché, grâce à une hausse des actifs gérés et à une réduction des coûts.

L'enseigne, qui génére aussi des revenus grâce à des services de tenue de comptes auprès des FCP et hedge funds, a fait état d'un bénéfice net de 498 millions de dollars, soit un dollar par action, contre $256 millions (54 cents) un an auparavant.

Sur une base opérationnelle, le BPA ressort à 99 cents, à comparer au consensus Thomson Reuters I/B/E/S de 97 cents.

Les pertes latentes du portefeuilles d'investissement ont diminué à $2,29 milliards contre $2,98 milliards à la fin du troisième trimestre.

Les analystes saluent la réduction du risque intervenue sur le portefeuille de State Street l'an passé, jugeant que le danger est beaucoup moins développé en puissance qu'au premier semestre de 2009.

Le total des actifs sous tutelle ou en conservation était de $18.795 milliards, en hausse de 18%, tandis que le total des actifs gérés avait augmenté de 32% à $1.900 milliards.

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