Siemens: l'achat de Bayer Diagnostics inquiète les agences de notation

Deux agences de notation, Standard and Poor's (SP) et Moody's, ont manifesté vendredi leurs inquiétudes concernant le groupe allemand Siemens, après l'annonce par celui-ci de l'achat pour 4,2 milliards d'euros de la branche diagnostics de Bayer.

(AFP) SP, la plus écoutée, a prévenu qu'elle envisageait de baisser sa notation sur la dette du groupe de Munich (sud). Les notes à long terme "AA-" et à court terme "A-1+" sont mises sous surveillance négative. Une éventuelle dégradation ne devrait pas dépasser un cran, a-t-elle précisé dans son communiqué. Moody's de son côté a abaissé de "stable" à "négative" la perspective assortissant ses notes à long terme "Aa3" et à court terme "Prime 1". Le prix payé par Siemens "est relativement élevé mais grosso modo en ligne avec les prix payés pour des transactions similaires dans le secteur", estime Moody's. Mais l'agence "anticipe que Siemens va continuer à procéder à des modifications dans son portefeuille afin de renforcer les marges du groupe et la perspective négative tient compte de la possibilité d'une poursuite d'activités de fusions-acquisitions", indique encore le communiqué. L'activité de Siemens ces derniers mois en matière d'acquisition est également ce qui inquiète SP. L'agence évoque un total de plus de 3 milliards d'euros sur l'année 2005, et encore 1,5 milliard environ pour l'achat, annoncé fin avril, du groupe américain DPC. SP compte mettre fin à sa mise sous surveillance "dans les prochains mois, une fois connue la future structure de capital du groupe et après avoir discuté des plans stratégiques de Siemens avec la direction", indique Marie Bissinger, analyste de SP citée dans le communiqué. SP précise qu'elle compte réévaluer le profil de risque de Siemens pour tenir compte des "améliorations de portefeuille réalisées dans les dernières années, qui devraient à terme conduire à des améliorations de la profitabilité et réduire la volatilité" de l'activité. "Le renforcement continu de la division Medical Solutions et la réduction graduelle de l'exposition aux activités dont les marges sont basses aura probablement un effet positif sur notre appréciation". Le patron de Siemens, Klaus Kleinfeld, a entrepris de restructurer à marche forcée les divisions à problèmes du groupe. Cette volonté s'est manifestée récemment avec l'annonce de l'externalisation des activités d'infrastructures pour les opérateurs télécoms dans une société commune avec le finlandais Nokia. Parallèlement, il affirme vouloir privilégier trois grands secteurs de croissance: l'énergie et l'environnement, l'automatisation industrielle et les infrastructures, et la santé.

(Photo: Belga)

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