Tokyo épargne à Nikko Cordial l'expulsion de la cote

La Bourse de Tokyo a annoncé lundi que la troisième maison de courtage du Japon, Nikko Cordial, restera cotée sur le marché malgré les fraudes comptables dont elle s'est rendue coupable.

(afp) Cette décision constitue une surprise, de nombreux médias japonais affirmant depuis plusieurs semaines que la société allait être chassée du marché.

La Bourse de Tokyo avait placé Nikko Cordial sous surveillance le 18 décembre, peu après que la société eut avoué avoir falsifié ses résultats financiers pour l'exercice 2004-2005. Son président Taizo Nishimuro avait lui-même laissé entendre qu'une radiation de la cote était envisagée.

La Bourse d'Osaka, la deuxième du Japon, a également annoncé lundi qu'elle autorisait Nikko Cordial à rester cotée.

Une expulsion de la Bourse de Tokyo aurait constitué une sanction sans précédent pour une valeur vedette japonaise.

Nikko Cordial a déjà dû payer une amende record de 500 millions de yens (3,23 millions d'euros) infligée par l'Agence des services financiers (FSA), le gendarme du secteur bancaire japonais.

La maison de courtage, qui fait actuellement l'objet d'une offre publique d'achat (OPA) lancée par son principal actionnaire Citigroup, avait avoué en décembre avoir sciemment truqué ses comptes de l'exercice 2004-2005, au moyen d'un complexe jeu d'écritures entre deux de ses filiales.

Elle avait faussement annoncé un bénéfice net de 46,94 milliards de yens, alors que ce profit ne se montait en réalité qu'à 34,14 milliards.

Les deux plus hauts dirigeants du groupe ont depuis démissionné.

Le 6 mars dernier, le géant bancaire américain Citigroup, premier actionnaire de Nikko Cordial avec 4,9% du capital, avait annoncé le lancement d'une OPA visant toutes les actions qu'il ne possède pas encore.

Cette offre de 1.253 milliards de yens (8,12 milliards d'euros) a été déclarée amicale par les dirigeants de Nikko Cordial, qui y voient le meilleur moyen de se rétablir après le scandale de malversations.

En revanche, plusieurs fonds d'investissement qui possèdent des parts significatives dans la maison de courtage s'opposent pour le moment à l'opération, car ils jugent que le prix proposé est trop bas.

Photo Belga

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