Une décision sur Dexia est peu probable cette semaine

©Sofie Van Hoof

Une décision définitive de la Commission européenne sur la restructuration de Dexia a peu de chances d'être annoncée dans le courant de la semaine en raison de l'entrée en fonction imminente de la nouvelle commission, a appris lundi l’agence Reuters selon des sources proches des négociations.

(Reuters) - Sauvée de la faillite en septembre 2008, la banque franco-belge est sous le coup d'une enquête de Bruxelles sur les aides et garanties publiques dont bénéficie l'établissement depuis sa recapitalisation d'urgence de 6,4 milliards d'euros.

La décision de la Commission européenne est attendue d'ici à fin février mais l'entrée en fonction de la nouvelle commission le 9 février prochain a alimenté les spéculations sur une annonce anticipée des services de la Concurrence dirigés par Neelie Kroes.

"Il serait impossible de communiquer une décision cette semaine même si on le voulait"
, a indiqué à Reuters une source au sein de la Commission européenne, pointant du doigt le fait que le Collège des commissaires de l'actuelle commission Barrosso se réunirait pour la dernière fois mercredi à Bruxelles.

Une autre source proche du dossier, qui s'attendait initialement à un dénouement cette semaine, a également indiqué que cette possibilité lui semblait maintenant très peu probable.

"Nous n'avons plus ce sentiment", a-t-elle indiqué.

Il n'est cependant pas exclu qu'à l'instar du plan de restructuration d'ING, Dexia publie un communiqué détaillant l'offre faite à la Commission européenne et annonçant que celle-ci a été acceptée sur les principes par l'exécutif communautaire.

Bruxelles pourrait dans cette hypothèse formaliser cette décision dans les semaines suivantes.


UN DOSSIER "POLITIQUE"


Compte tenu de l'actionnariat public de la banque franco-belge, le dossier est également éminemment politique et Michel Bouvard, le président de la commission de surveillance de la CDC, premier actionnaire de la banque avec 17,61% du capital, avait d'ailleurs indiqué à Reuters le 21 janvier souhaiter obtenir une décision avant que la commissaire Neelie Kroes ne cède son poste à Joaquin Almunia (Plus de détails ).

Interrogé sur l'avancée des négociations avec Bruxelles, un porte-parole de Dexia a simplement indiqué que les discussions se poursuivaient.

La Caisse des dépôts et la Commission européenne ont refusé de commenter ces informations.

"On ne fait pas de commentaires sur une entreprise cotée", fait-on savoir par ailleurs dans l'entourage de la ministre de l'Economie Christine Lagarde.

Les résultats de l'enquête de Bruxelles sont déterminants pour Dexia car la banque pourrait devoir céder de nouveaux actifs.


DE NOUVELLES CESSIONS

Dans le cadre de la restructuration entamée après son sauvetage, la banque a d'ores et déjà vendu à l'américain Assured Guaranty sa filiale de rehaussement de crédit FSA à l'origine de ses difficultés.

Le groupe a aussi cédé ses 20% dans Crédit du Nord à la Société générale et sa filiale Dexia Epargne Pension à BNP Paribas.

Pierre Mariani, l'administrateur délégué de Dexia, a en revanche écarté une cession de sa filiale Dexia Crédit Local mais celle de sa filiale turque Denizbank reste une menace. La presse belge a également évoqué une possible mise en vente de ses activités de gestion d'actifs ainsi que des cessions de filiales à l'étranger.

Vers 17h25, l'action Dexia progressait de 0,58% à 4,52 euros. A ce cours, elle a gagné 1,43% depuis le début de l'année, surperformant ainsi l'indice sectoriel des banques européennes en baisse de 4,82% depuis le 1er janvier.

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