Areva se réorganise sur fond de rumeur de démantèlement

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Alors que la presse parie sur le démantèlement d'Areva, le groupe nucléaire français a mis un place une vaste réorganisation de ses activités. Il passe de 4 à 6 pôles d'activité et crée une direction "Ingénierie et Projets".

(AFP) - Areva a annoncé jeudi la mise en place d'une nouvelle organisation de ses activités afin "d’accroître son avance sur le marché nucléaire" alors qu'un démantèlement du groupe nucléaire est évoqué par différents médias.

Areva passe de quatre à six pôles d'activité et crée une "Direction Ingénierie et Projets" couvrant l'ensemble des activités nucléaires, selon un communiqué.

Le groupe public (détenu à 93% par l'Etat) se répartit désormais entre les Mines d'uranium, l'Amont (enrichissement, fabrication du combustible), les Réacteurs et Services, l'Aval (traitement et recyclage des déchets nucléaires), les Energies Renouvelables et T&D (activités de transmission et de distribution en cours de cession à Alstom et Schneider).

Selon le communiqué, ce nouveau mode d'organisation vise à tirer "le meilleur parti du modèle intégré" d'Areva, qui consiste à associer toutes les activités de la chaîne du nucléaire, des mines d'uranium au traitement des déchets, en passant par la construction des réacteurs.

Ce modèle, "unique sur le marché du nucléaire", a été "développé depuis 2001 à la satisfaction des clients" et les concurrents du groupe français "cherchent à (l')imiter", indique le communiqué.

Né en 2001 d'une fusion entre la Cogema et Framatome, Areva suscite régulièrement des rumeurs de démantèlement.

Le nouveau patron d'EDF, Henri Proglio, a jugé en novembre que la fusion entre Framatome et la Cogema était "probablement une erreur", avant de revenir sur ses propos quelques jours plus tard.

Le président de la République Nicolas Sarkozy a confié une mission sur l'avenir de la filière nucléaire à François Roussely, ancien PDG d'EDF et proche d'Henri Proglio.

Selon la presse, M. Roussely, dont le rapport est attendu pour avril 2010, devrait proposer un démantèlement d'Areva.

Le rapport de M. Roussely "constatera l'incapacité d'Areva à assumer son rôle de chef d'orchestre de la filière nucléaire", écrit Challenges, en ajoutant qu'il proposera d'en "revenir au schéma ancien, cycle du combustible d'un côté, chaudronnerie de l'autre".

M. Roussely pencherait "pour une mise en cause du modèle intégré d'Areva", écrit aussi Le Figaro. "Sur ce point, le dernier mot reviendra à l'Elysée", ajoute le quotidien.

Début 2009, M. Sarkozy avait qualifié Areva "d'exemple même, dans le nucléaire, de la réussite", lors d'une visite sur le chantier du réacteur EPR de Flamanville (Manche).

"Tous ses concurrents imitent aujourd’hui son modèle intégré, qui part de la mine d’uranium (...) et termine par le traitement et le recyclage des déchets", avait insisté le chef de l'Etat.

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