Barco mise son avenir sur le cinéma digital et l'imagerie médicale

Bien que l’entreprise courtraisienne espère tirer beaucoup de ses activités liées au cinéma digital et de sa division médicale pour se refaire une santé, le contexte actuel semble indiquer que la tâche sera ardue. Il n’empêche, Barco affiche une confiance soutenue et table même sur un retour en positif de son EBIT et sur une croissance de l’ordre de 10% en 2010. 

Bruxelles (L'Echo) - Comme attendu, les résultats annuels de Barco n'enthousiasment pas les foules. Le résultat opérationnel (EBIT) ressort en négatif de 29,5 millions d'euros alors que le chiffre d'affaires est en baisse de 12% d'une année à l'autre à 638,1 millions d'euros.

Le quatrième trimestre a été particulièrement éprouvant pour la société technologique courtraisienne, affaiblie par ses activités événementielles et des médias out-of-home."Il y a un décalage de 50% sur un tiers du chiffre d'affaires de Barco dans le monde des médias", souligne Erik Van Zele, CEO.

Selon les calculs de l'analyste ING Arnaud Goossens, le chiffre d'affaires de ce segment n'a effectivement pas cessé de s'enfoncer trimestre après trimestre.

Un horizon pas totalement dégagé


Pour sortir de l'impasse, Barco compte d'abord sur le cinéma digital qui connaît une explosion depuis la sortie du film Avatar en 3D. S'il est vrai qu'il existe de bonnes indications que ce marché est en train de s'ouvrir, le groupe ne fournit pas pour autant de guidance sur le chiffre d'affaires de cette activité.

Peut-être n'ose-t-il pas se prononcer à cause de la pénurie annoncée de composants pour certains de ses produits et du manque de fournisseurs."Nous fournissons moins que ce nous pourrions réellement vendre",  concède Van Zele. Or, Barco aurait besoin de vendre pour au moins 37,5 millions d'euros de projecteurs cinématographiques chaque trimestre s'il veut attendre son objectif de ventes en 2010.

Au rayon des bonnes nouvelles, il y a tout de même la transaction réussie avec l'exploitant américain de salles de cinéma Cinemark. Elle devrait rapporter au groupe quelque 73 millions d'euros. Mais cela n'a pas été sans mal, la principale difficulté résidant dans les problèmes de financement du passage de l'analogique au digital. Et cette réalité pourrait peser sur le développement à court terme du cinéma digital. L'avenir de ce marché semble donc fragile pour l'instant.

Tout en espérant tirer parti  de conditions économiques favorables et de perspectives de croissance prometteuses pour les marché émergents, Barco compte également sur sa division médicale pour remonter la pente. "Les effets de la crise ont été absorbés. L'acquisition de FIMI nous positionne confortablement pour renouer avec la rentabilité en 2010", poursuit Van Zele.

Sur l'ensemble de l'année en cours, toute division confondue, le groupe escompte même un retour en positif de l'EBIT et une croissance à deux chiffres. Mais il faut rester attentif, estime Goossens."Si cette acquisition est potentiellement judicieuse, les marges de FIMI sont  légèrement inférieures à celles de la division imagerie médicale".

On soulignera pour finir que grâce à de sérieuses améliorations de son fond de roulement, Barco est parvenu à faire gonfler son cash flow de 39,3 millions d'euros. "Nous allons conserver les fonds disponibles pour financer de futurs investissements qui permettront de dégager une croissance rentable", indique encore Van Zele.Il n'y aura donc aucun paiement de dividende.

sarah.godard@lecho.be

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