Bekaert score bien au dessus du consensus

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Bekaert a publié un trading update dépassant largement le consensus des analystes. Le chiffre d'affaires du spécialiste des produits tréfilés a progressé de 17% au premier trimestre. Le groupe anticipe un très bon premier semestre mais se méfie de la volatilité des marchés pour la suite.

Bruxelles (L’Echo) - ça commence à devenir une habitude, les analystes ont à nouveau sous-évalué les résultats trimestriels de Bekaert. C’est donc tous sourires que pouvaient se présenter le conseil d’administration face à ses actionnaires à l’occasion de l’assemblée annuelle du groupe.

Bekaert a bien résisté à la crise et dès le second semestre 2009, a renoué avec la croissance. Aujourd’hui, les performances sont donc bien là. Au premier trimestre 2010, ses ventes ont progressé de 16% en Europe et de 52% en Asie alors que le groupe a souffert d’effets de devises outre-Atlantique.  Aux Etats-Unis, le revenu est resté stable tandis qu’en Amérique latine il a diminué de 17%.

Le chiffre d’affaires global et consolidé a progressé de 17% au premier trimestre 2010 en comparaison de la même période un an plus tôt. Il se chiffre à 694 millions d'euros. Le consensus des analystes tablait sur une progression entre 6 et 7%. La réaction sur Euronext ne s’est donc pas fait attendre.  Le titre Bekaert prenait près de 7%, 45 minutes avant la clôture ce mercredi. "Les analystes voient généralement bien ce qui va se passer mais voient rarement l’ampleur des phénomènes", a expliqué le CEO de Bekaert, Bert De Graeve. Sa société distribuera un dividende brut de 2,94 euros par action.


Une embellie calligraphiée

En 2009, tout ne s’est pourtant pas fait sans mal. "La société a dû prendre des décisions fermes pour ne pas licencier de salariés en Chine, ni fermer temporairement des usines pendant cette soudaine crise économique. Nos concurrents, eux, l’ont  fait", a déclaré aux actionnaires le Baron Paul Buysse, président du conseil d’administration chez Bekaert. Les faits lui ont donné raisons. "Après l’arrivée d’énormes subventions du gouvernement à nos clients chinois, toutes les usines se sont brusquement remises à tourner à plein régime, et pendant que nos concurrents devaient recruter en masse et se contenter de travailleurs moins formés et moins qualifiés, nous continuions et intensifions notre travail avec la même main d’œuvre", a-t-il ajouté. Bekaert emploie 8500 ouvriers en Chine répartis dans 16 implantations. Même si les investissements de la société reprennent de plus belle dans l’Empire du milieu, "nous n’avons jamais arrêtés d’investir en Chine", a tenu à rappeler M. De Graeve.


Un futur axé sur les pays émergeants

Pour le futur, le groupe s’estime très bien positionné. "Aujourd’hui  les pays émergents représentent un tiers du PIB mondial. D’ici 2016, ils en constitueront les deux tiers. Chez nous, au niveau des revenus, c’est déjà le cas. Nous profiterons donc pleinement de cette croissance", a expliqué M. de Graeve.

"Vous conviendrez avec moi que, si Bekaert a été capable d’enregistrer un résultat record dans son histoire au cours de l’une des périodes économiques les plus impitoyables de l’histoire mondiale, l’entreprise est bel et bien prête pour le moment où l’économie retrouvera sa fluidité" , a déclaré Paul Buysse.


Trop de volatilité

Le CEO de Bekaert a confié que le deuxième trimestre commençait bien et que le premier semestre 2010 devrait être marqué par de très bons résultats. Cependant, pour le futur et à partir du troisième trimestre, c’est plus flou. Le principal obstacle proviendrait de la volatilité ambiante dans l’économie mondiale et des inquiétudes persistantes sur les marchés. "Depuis la crise, tout le monde pense très court terme. Nous aimerions pouvoir donner des prévisions à plus long terme mais c’est tout bonnement impossible", explique le CEO. Il espère que le marché retrouvera de la sérénité afin de pouvoir reprendre avec du "business as usual".

Mais quoi qu’il en soit, Bekaert va continuer à investir là où il y a de la croissance. "Dans nos prévisions de croissance nous restons réalistes mais légèrement optimistes. De cette manière, en cas de croissance sur l’un ou l’autre marché, nous pouvons directement en profiter. Ce fut le cas cette année en Chine demain ça le sera peut-être en Inde ou ailleurs", a conclu le CEO.


Benjamin Everaert

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