En dépit du procès Rio, les affaires vont bon train entre Canberra et Pékin

Si le procès à Shanghai de quatre employés du géant minier anglo-australien Rio Tinto a tendu les relations diplomatiques, les échanges commerciaux entre l'Australie et la Chine, qui pèsent des dizaines de milliards de dollars, sont eux au beau fixe.

(afp) - L'Australien Stern Hu, cadre du groupe minier, et trois collègues chinois comparaissent depuis lundi devant un tribunal de Shanghai, où ils sont accusés d'espionnage industriel et de corruption. Ils ont été arrêtés il y a huit mois sur fond de négociations commerciales difficiles.

Dans le même temps, Rio Tinto vient d'annoncer de nouveaux contrats avec la Chine et consolide ses liens avec le plus gros de ses clients.

Vendredi, le groupe a annoncé un partenariat avec Chinalco pour exploiter un énorme gisement de fer en Guinée, en vue de répondre à la demande croissante d'acier de la Chine qui devrait doubler d'ici à 2020.

"Notre fer, notre cuivre, notre aluminium et d'autres minerais aident à construire la Chine", a déclaré lundi en Chine le patron de Rio Tinto, Tom Albanese, devant un auditoire de chefs d'entreprise.

"Une relation positive avec ce marché est vitale pour le succès de notre compagnie", a-t-il affirmé.

Le gouvernement australien se montre prudent dans cette affaire, craignant de mettre à mal ses échanges commerciaux avec la super-puissance chinoise.

Ceux-ci ont presque doublé en quatre ans pour atteindre 70 milliards de dollars américains, faisant de la Chine, le premier client de l'Australie.

"Je pense que nous avons fait tout ce que nous pouvions (dans ce procès). Il faut laisser la justice suivre son cours", a déclaré mardi le ministre des Petites et Moyennes Entreprises, Craig Emerson.

Le Premier ministre australien, Kevin Rudd, a cependant averti Pékin que le monde "serait très attentif" à ce procès, qui se tient alors que les affaires en Chine s'effectuent parfois dans des zones de flou juridique.

Pour les observateurs, M. Rudd a besoin de se montrer ferme vis-à-vis de l'opinion australienne, mais il prend soin de ne pas aller trop loin dans la critique.

"En dépit de cette affaire, le pragmatisme va l'emporter", a estimé Andrew Forrest, président de Fortescue Metals, l'homme le plus riche d'Australie.

Il faut dire que l'Australie a bien besoin des commandes chinoises. Les exportations de charbon et de fer en Chine l'ont en effet aidé à amortir l'impact de la crise mondiale, lui permettant d'être le seul pays occidental à échapper à la récession.

Pour John Lee, expert des questions chinoises au Centre d'études indépendantes, Kevin Rudd, qui parle le mandarin, a abandonné l'idée de construire des relations plus intimes avec la Chine pour se concentrer sur les relations économique.

"Je pense que le gouvernement s'est maintenant rendu compte qu'il vaut mieux entretenir des relations économiques très pragmatiques et réduire les attentes au-delà de ça", a-t-il déclaré.

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés