Eurotunnel fait un retour hésitant à la Bourse de Paris

L'action Eurotunnel a connu mardi une reprise de cotation en dents de scie à la Bourse de Paris, où l'exploitant du tunnel sous la Manche, en pleine restructuration de son énorme dette, faisait son retour après 10 mois d'absence.

(afp) L'action Eurotunnel a connu mardi une reprise de cotation en dents de scie à la Bourse de Paris, où l'exploitant du tunnel sous la Manche, en pleine restructuration de son énorme dette, faisait son retour après 10 mois d'absence, marquant ainsi une nouvelle étape de son redressement.

Vers 16 heures 30, après de nombreux mouvements de yo-yo, le titre Eurotunnel perdait 6,82%, à 0,42 euro.

L'unité Eurotunnel, qui comprend une action Eurotunnel SA et une action Eurotunnel Plc, valait 44 centimes lors de sa suspension en mai 2006.

A la mi-janvier, le groupe revendiquait 500.000 actionnaires. Introduit à la fin 1987 à 35 francs (5,34 euros), l'action Eurotunnel a atteint 128 francs (19,51 euros) en mai 1989, avant d'entamer une chute vertigineuse a partir de 1994, l'année de l'ouverture du tunnel à la circulation.

"Eurotunnel avait été trop optimiste, sur les délais de construction et sur les recettes commerciales. Les prévisions de trafic tablaient, à l'origine, sur 20 millions de passagers sur Eurostar en 2006 et le groupe n'en a eu que 7,8 millions l'an dernier", explique un analyste dans une banque européenne.

"Le point positif, c'est que la restructuration de la dette permet de la réduire à un niveau moins anormal et que l'entreprise va pouvoir se concentrer désormais sur sa stratégie et son activité", a ajouté la même source.

Groupe Eurotunnel SA (GET SA), la nouvelle entité destinée à remplacer les sociétés française et britannique qui gèrent le tunnel, a déposé vendredi à l'Autorité des marchés financiers (AMF) un projet d'offre publique d'échange d'actions (OPE), comme prévu par le "plan de sauvegarde", annoncé par la direction le 26 octobre, puis avalisé par la justice en janvier.

Chaque actionnaire pourra ainsi échanger une action contre une action GET SA ainsi qu'un bon de souscription d'action (BSA).

Le plan de restructuration prévoit de réduire de 54% la dette du groupe, pour la faire revenir de plus de 9 à 4,16 milliards d'euros. Mais les éventuels futurs bénéfices seront dilués dans un nombre plus élevé d'actions, car il sera émis pour environ 1,9 milliard d'euros d'obligations remboursables en actions.

Ce montant, très supérieur à la capitalisation boursière actuelle d'Eurotunnel (1,04 milliard d'euros) permet de "mesurer la dilution future des bénéfices", explique un analyste parisien.

Le groupe table sur un bénéfice opérationnel courant de 241,1 millions en 2007 (contre 326 millions en 2006) puis sur une légère progression, à 246 millions d'euros en 2008 et 265,6 millions en 2009.

En 2006, Eurotunnel a cependant affiché une perte nette de 204 millions d'euros, en raison de frais financiers considérables.

Le groupe reste minoritaire face aux ferries sur le marché transmanche, avec 36% pour les camions, 43,5% pour les voitures et 38,9% pour les autocars, mais le succès commercial d'Eurostar (70% du marché contre 30% à l'avion) a contribué à faire progresser son chiffre d'affaires 2006 de 5% à 830 millions d'euros.

"Eurotunnel affiche une marge bénéficiaire opérationnelle de 59% du chiffre d'affaires et des ventes en progression de 5%, il n'y a pas beaucoup de sociétés qui peuvent en dire autant", souligne l'analyste.

"Sur le segment Eurostar, c'est Eurotunnel qui a la meilleure offre. Le nombre de passagers a augmenté de un million lorsqu'on a réduit la durée du trajet Paris-Londres de 20 minutes et peut en gagner un autre million lorsque la durée sera à nouveau réduite de 20 minutes en novembre", estime l'analyste.

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