EXCLU: La SNCB au régime sec, 400 millions à trouver

Le groupe devra, pour 2010, sérieusement améliorer ses comptes opérationnels par rapport à 2009. Il devra pourtant supporter une série de surcoûts allant du dernier accord social au prix de l’électricité, en passant par les conséquences financières encore inconnues de l’accident de Hal.

Bruxelles (L'echo) - La SNCB (opérateur) s’est écartée à hauteur de 160 et 364 millions d’euros de ses objectifs en 2008 et 2009 respectivement, ce qui a fait dériver les comptes opérationnels de l’ensemble du groupe de 366 millions sur 2 ans. C'est ce qui ressort d'un rapport dont "L'Echo" a pu prendre connaissance.

Et 2010 s’annonce plus pénible encore: pour tenir le cap, le groupe devra améliorer ses résultats de 395 millions d’euros par rapport à 2009 alors qu’il est déjà acquis qu’il devra supporter une série de surcoûts allant du dernier accord social au prix de l’électricité, en passant par les conséquences financières encore inconnues de l’accident de Hal.

S’il veut stabiliser sa dette (2,7 milliards d’euros fin 2009, soit 13% de plus qu’un an plus tôt), le groupe devra impérativement afficher un bénéfice opérationnel de 150 millions d’euros d’ici 2012, précise le rapport externe, soit à peu près ce que le plan stratégique de SNCB Logistics est censé dégager.

Conseil d'administration

Alors que les comptes ne sont toujours pas publiés, un conseil d’administration se penchera, le 21 mai prochain, sur les mesures d’économies à prendre ou à confirmer afin de viser l’équilibre opérationnel d’ici 2014-2015.

L’activité fret, qui n’a jamais dégagé un euro de bénéfice en 35 ans, n’est pas la seule à se trouver en ligne de mire. Dans l’activité voyageurs, la distribution des billets et la gestion des gares (partagée entre Holding, la SNCB et même Infrabel) suscitent la réflexion, tout comme les ateliers ou les frais généraux.

Le CEO de la SNCB, Marc Descheemaeker, assure que la restructuration est "en bonne voie". Tant pour l’ex-B-Cargo, dont le plan industriel est "déjà réalisé en bonne partie", que pour l’activité voyageurs, grâce à de nouveaux contrats d’électricité et des améliorations dans la productivité et la distribution notamment.

Le manager, qui a toujours soutenu que la nouvelle SNCB avait démarré ses activités sous-capitalisée en 2005 (ce qui expliquerait ses problèmes de rentabilité), rejette l’idée d’un abandon du "trafic diffus" dans le fret, indispensable selon lui à la mise sur pied d’un acteur solide à l’échelle européenne.

L’arrivée des élections complique encore un peu les choses: le CD&V réclamerait des postes à la tête du groupe.

 

Jean-Yves Klein

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