Fermer le ciel européen, une erreur?

Reprise partielle des vols de Lufthansa

Des fonctionnaires européens reconnaissent que des fautes ont été commises lors de la fermeture de l'espace aérien. Avec les règles aériennes américaines, des avions auraient pu voler dans les conditions que nous avons connues ces derniers jours. Selon les fonctionnaires, l'Europe doit évoluer vers un tel modèle.

(Belga/Tijd) - "Les modèles scientifiques que nous avons utilisés pour décider de la fermeture de l'espace aérien sont actuellement basées sur des hypothèses qui ne reposent pas sur des preuves scientifiques claires", a dit Matthias Ruete, directeur-général pour la mobilité et le transport. Les tests de vol réalisés par des avions commerciaux se sont déroulés sans aucun problème. Pour Matthias Ruete, le risque serait en réalité moins important que ce que l'on a cru jusqu'ici.

"Ne volez pas au-dessus du volcan"

"Aux Etats-Unis, la consigne dans de telles circonstances serait : 'Ne volez pas au-dessus du volcan'". Pour le reste, il reviendrait aux compagnies aériennes de prendre les mesures qu'elles jugent nécessaires", explique Matthias Ruete. Il aimerait voir l'Union Européenne évoluer vers un modèle au sein duquel "la responsabilité de la sécurité des voyageurs serait laissée aux compagnies aériennes". Il ajoute qu'un tel scénario devrait recueillir le vote unanime des 27 Etats membres.

Actuellement, l'Union européenne laisse le choix aux Etats membres de fermer leur espace aérien. Ils se basent sur des procédures de sécurité qui ont été établies dans les années 80, après que certains incidents soient arrivés à des avions qui avaient survolé des volcans en éruption en Alaska et en Indonésie.

Soutien des Etats

 

Le commissaire européen au transport Siim Kallas a soutenu la décision des Etats membres de fermer leur espace aérien. "Vous ne pouvez pas dire que l'Europe a échoué", dit-il. "Il s'agit ici d'un volcan et d'une situation sans précédent". Kallas a appelé les Etats membres a effectuer une première évaluation de l'impact économique de l'interdiction de voler, pour pouvoir accorder une aide d'Etat au secteur de l'aviation. Le gendarme européen de la concurrence est en effet "prêt à envisager un dispositif comme celui que nous avons adopté après les attentats de septembre 2001" aux Etats-Unis, qui permet aux compagnies de recevoir des aides dans "des circonstances exceptionnelles", a déclaré le commissaire à la Concurrence, Joaquin Almunia.

Réouverture progressive

Le secrétaire d'Etat à la mobilité, Etienne Schouppe, a décidé de la prolongation de l'interdiction de voler jusque mardi 8h. A partir de ce moment-là, l'interdiction sera progressivement levée. Les avions pourront dès lors atterrir. Il faudra qu'ils attendent 14h pour pouvoir décoller. Après 4 jours d'arrêt du trafic aérien dans la plupart des pays européens, 6,8 millions de passagers sont bloqués dans 313 aéroports, selon le Airports Council International (ACI).

L'association des compagnies aériennes mondiales (IATA) avait demandé lundi l'ouverture au moins partielle de l'espace aérien européen et critiqué durement la façon dont la crise provoquée par le passage du nuage de cendres volcaniques a été gérée par les autorités et l'UE. Selon l'IATA, cette crise coûte 200 millions de dollars par jour au secteur aérien (147,3 millions d'euros).

 

 

 

 

 

 

 

 

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