Feu vert européen à la joint venture Umicore-Zinifex

Malgré plusieurs chevauchements horizontaux et verticaux d'activités, la nouvelle entité ne créera pas de problème de concurrence majeur, a estimé la Commission européenne.

La Commission européenne a donné son feu vert, ce mardi matin, à la création de la société commune imaginée par le groupe belge Umicore et la société australienne Zinifex dans le zinc.

Le projet, qui doit conduire à la création du leader mondial du secteur, se nommera, au moins temporairement, "Neptune". La nouvelle société sera introduite sur un marché européen, probablement Euronext Bruxelles, "dès que les conditions de marché le permettront". Umicore avait déjà évoqué le 3e trimestre comme timing idéal.

Neptune regroupera les activités exercées respectivement en amont par Umicore et Zinifex dans les secteurs du zinc et du plomb, ainsi que leurs activités de moindre envergure dans la galvanisation à chaud, le moulage sous-pression et dans d'autres métaux.

"La Commission a constaté que, pour ce qui est du secteur d'activités des sociétés mères et de leur apport respectif aux activités de Neptune, l'opération envisagée débouchera sur un certain nombre de chevauchements horizontaux et de relations verticales, surtout dans le secteur du zinc, précise le communiqué de la Commission. Les activités exercées par les parties dans d'autres secteurs, principalement le plomb et d'autres métaux, sont marginales ou limitées."

Pour rappel, la Commission devait avaliser le rapprochement... ou lancer une enquête approfondie qui aurait pu durer 5 mois.

Deux ans après avoir introduit en Bourse sa division cuivre sous le nom de Cumerio, Umicore voit donc scellé l'avenir de son pôle zinc. Il y a un an, les responsables du groupe avaient clairement affiché leur volonté d'oeuvrer en ce sens. «Umicore veut se concentrer sur les matériaux avancés où il peut occuper une position de leader mondial», a d'ailleurs rappelé en décembre dernier Thomas Leysen, le CEO d'Umicore.

Avec une production cumulée de 1,2 million de tonnes de zinc et d'alliages, Neptune occupera la position de n° 1 devant Korea Zinc Group et Xstrata. En 2005, le pôle zinc d'Umicore a généré un chiffre d'affaires de 940,8 millions d'euros et un résultat opérationnel de 65,1 millions.

La joint-venture sera présente sur quatre continents. Zinifex apporte des actifs situés en Australie, aux USA, aux Pays-Bas et en Chine, tandis qu'Umicore cède des unités de production situées à Balen et Overpelet en Belgique et Auby et GM Metal en France. Le groupe belge fera également apport de participations situées en Thaïlande, en France et en Chine.

L'objectif des deux nouveaux partenaires est de laisser Neptune opérer de façon indépendante avec son propre conseil d'administration et son propre comité exécutif. De droit belge, son siège sera basé à Londres, «un terrain neutre pour faciliter l'intégration» avec deux centres de support régionaux à Melbourne et à Balen. C'est Paul Fowler, l'actuel patron de Zinifex, qui sera aux commandes.

Pour l'heure, pas un mot sur la valorisation des apports ni sur les synergies. En ce qui concerne l'emploi, par contre, le CEO d'Umicore a été clair: «Nous n'avons pas besoin de réduire nos capacités. Il n'y a donc pas de restructuration industrielle à l'ordre du jour.» Les effectifs compteront quelque 4.500 personnes.

A l'issue de l'introduction en Bourse de Neptune, les deux futurs actionnaires n'ont pas l'intention de conserver une participation de contrôle dans cette nouvelle société qui pourrait, selon Leysen, afficher les conditions nécessaires pour rejoindre l'indice Bel 20 . «L'objectif sur le long terme est que la société soit entièrement indépendante», a insisté en décembre dernier le CEO d'Umicore.

Vers 11h30, ce mardi, le titre d'Umicore, qui fait partie du Bel 20, perdait 2,14%, à 135,59 euros.

photo belga

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