Fronde d'actionnaires à l'assemblée de Coil

Modrikamen face au CEO de Coil, Tim Hutton (à droite)

La troisième convocation à l'assemblée extraordinaire de Coil fut la bonne. Et comme prévu l'AG fut longue et difficile, le CEO de cette société spécialisée dans l'anodisation d'aluminium devant faire face à une fronde d'actionnaires emmenée, entre autres, par Mischaël Modrikamen. De son côté, l'action s'envolait de 22% à la Bourse de Paris.

Bruxelles (L'Echo) - Prenez des actionnaires mécontents, soupoudrez d'une touche de Modrikamen (qui représente un actionnaire de poids du groupe, une société espagnole Alucoat qui détient 10% des droits de vote) et confrontez le tout au management d'une entreprise en perte : l'assemblée générale extraordinaire (AGE) de Coil, convoquée pour la troisième fois déjà, s'annonçait difficile. Ce fût le cas.

Pour rappel, une première AGE de l'anodiseur d'aluminium belge mais côté sur Euronext Paris avait été convoquée le 10 juin dernier et reportée au 30 du même mois, faute de quorum atteint. Jusque là rien d'anormal. Le 30 juin cependant, des problèmes autour de la participation de Keenexcess, société agissant pour le compte de Timothy Hutton, le CEO de Coil, avaient conduit à un report de la réunion.

Si la question d'un conflit statutaire -  à savoir le fait que la participation de Keenexcess aurait à un moment franchi à la baisse le seuil des 3% d'actions représentatives ce qui rendait du même coup les droits de votes du CEO résultant des parts de fondateur de la société (20%) invalides-  a été résolue mardi grâce aux documents présentés par le management celle d'un possible conflit d'intérêt, elle, a été largement discutée.

Le quatrième point à l'ordre du jour prévoyait en effet une augmentation de capital avec suppression du droit de souscription préférentielle en faveur de Keenexcess Limited agissant pour le compte de Timothy Hutton. En pratique, Hutton touchera par cette transaction 321.000 euros qu'il faudra additionner à une rémunération annuelle déjà jugée " excédente " par les actionnaires.  

" Si vous utilisez vos parts de fondateurs lors du vote de la résolution, vous envoyez un mauvais signal à vos actionnaires  ", a notamment argumenté Maître Modrikamen, rejoint d'ailleurs par les petits porteurs présents. Sans les droits de vote résultant des parts de fondateur (et donc non pas du capital social de la société),  les 75% nécessaires à l'adoption de la résolution n'aurait pas été atteints.

Une décision plus logique, d'après le restant de l'actionnariat du groupe " qui n'a jamais eu le moindre retour sur son investissement ",  aux vues d'une performance boursière " pitoyable " et des mauvais résultats enregistrés par l'entreprise. En 2008, Coil a doublé sa perte nette à 0,64 million d'euros.

Le CEO est cependant resté sur sa position, insistant sur le fait que " l'opération n'avait pas de conséquence en cash pour Coil ". Défiant du même coup, les menaces de Maître Modrikamen qui a déclaré " se réserver le droit de l'annulation de cette délibération en justice ".

On soulignera enfin l'étrange performance du jour du titre : dans des volumes d'échanges de 6 fois supérieurs à ceux de la veille, il grimpait de 22% à 4,45 euros dans le courant de l'après-midi. Compliqué, on vous avait prévenu.

Amandine Cloot
Amandine.cloot@lecho.be

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