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Ghosn reconnaît une "crise de performance" chez Nissan

Nissan traverse une "crise de performance" et devra s'imposer une cure de remise en question, a reconnu vendredi son PDG Carlos Ghosn, contrarié par son premier avertissement sur résultat depuis son arrivée en 1999 à la tête du deuxième groupe automobile japonais.

(afp) Sauvé de la faillite il y a huit ans grâce à une alliance avec le français Renault et l'arrivée aux commandes de M. Ghosn, Nissan va probablement enregistrer lors de l'exercice 2006-2007 sa première baisse de bénéfice annuel depuis cette date, après une mauvaise performance au troisième trimestre.

Même si Nissan, dont la marge d'exploitation (7,5%) est toujours la deuxième la plus élevée de l'industrie automobile mondiale, reste un groupe en parfaite santé financière, le coup est rude pour M. Ghosn, longtemps encensé par les médias japonais mais aujourd'hui de plus en plus critiqué.

Analystes et éditorialistes reprochent à M. Ghosn d'avoir pris aussi la tête de Renault en mai 2005 et de partager depuis son temps entre la France et le Japon, au lieu de se consacrer entièrement à Nissan.

Le PDG ne se trouvait d'ailleurs pas à Tokyo vendredi pour commenter les résultats de Nissan au troisième trimestre, mais à Paris, d'où il a répondu aux questions des journalistes japonais lors d'une visioconférence.

"Je considère que nous sommes aujourd'hui dans une crise de performance et nous devons y remédier le plus vite possible", a admis M. Ghosn.

"Cela nous amène à nous poser de véritables questions", a poursuivi le PDG, soulignant que cette vaste remise en question ne devait épargner aucun sujet, y compris son propre rôle en tant que double patron de Nissan et de Renault.

"Depuis deux ans, nous sommes dans un schéma de management où je suis à la tête de deux entreprises, afin de permettre à plus de gens chez Nissan de prendre davantage de responsabilités. Cela a commencé en mai 2005... Nous devons nous interroger sur beaucoup de choses après cet avertissement sur résultat", a lancé Carlos Ghosn, sibyllin.

Lorsqu'il est également devenu PDG de Renault, M. Ghosn a nommé chez Nissan un état-major majoritairement japonais, coiffé par le directeur des opérations Toshiyuki Shiga, chargé de la gestion exécutive du groupe au quotidien.

"Nous avons accompli beaucoup de changements en sept ans. Mais si nous sommes incapables de maintenir le rythme du changement ou d'insuffler une forme d'énergie nouvelle au management de Nissan, cette entreprise ne va pas fournir tout son potentiel", a expliqué M. Ghosn, promettant que des mesures concrètes seraient annoncées "dans les prochaines semaines".

L'avertissement sur résultat de vendredi "est une interrogation sur la façon dont nous sommes organisés. Mais aussi sur la façon dont nous allons réagir et gérer l'avenir", a-t-il analysé.

Il a toutefois noté le côté purement psychologique de la "crise" actuelle chez Nissan alors que "les bases de l'entreprise sont solides".

"En 1999, c'était une crise financière. Nissan était au bord de la faillite et traversait en même temps une crise de management. Aujourd'hui, financièrement, il n'y a strictement aucun problème", a plaidé M. Ghosn.

Et d'insister: "Le fait que Nissan se considère en crise quand sa marge d'exploitation est de 7,5% est bien le signe que nous ne prenons pas les choses à la légère, que nous ne sombrons pas dans l'auto-complaisance".

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