Imposer les génériques: dangereux et coûteux

Imposer les génériques peut être dangereux pour la santé du patient et coûteux pour la société. C'est ce qui ressort d'une étude réalisée par la revue médicale "Le magazine des Glems", dont les résultats ont été présentés lundi.

(belga) L'enquête, menée auprès d'une centaine de médecins, a dévoilé que les génériques sont à l'origine d'erreurs qui entraînent des chutes des patients, surtout âgés, et donc des coûts. Par la prescription de médicaments moins chers, le ministre de la Santé publique souhaite réduire les coûts mais, du fait de ces chutes qui entraînent des traitements, les coûts médicaux et sociaux augmentent, a déploré le docteur Roland Lemye, secrétaire général de l'ABSym.

L'accident thérapeutique peut provenir d'une prescription erronée du médecin, d'une erreur de délivrance par le pharmacien ou d'une erreur d'observation par le patient. Les personnes âgées qui prennent cinq médicaments génériques à la fois ont cinq fois plus de risque de faire des chutes et des syncopes que celles qui ne prennent rien ou bien un seul médicament. Avec les médicaments de marque, ils avaient un risque qui était seulement 1,5 fois supérieur, a expliqué le docteur Paul Moeremans qui a étudié plus particulièrement sa patientèle. Les somnifères et les calmants causent presque la moitié des chutes et trois quarts des fractures. "Une chute avec fracture de la hanche cause des frais tellement importants que cela équivaut au montant gagné par 121.850 pilules génériques", a chiffré le docteur Moeremans. Le docteur Lemye demande au ministre entre autres une diminution des volumes de prescriptions de génériques par les médecins généralistes.

Le quota est aujourd'hui de 27 %. La source de l'accident peut provenir notamment d'une allergie à l'un ou l'autre excipient ou colorant. Il peut aussi s'agir d'un retard à produire l'effet recherché qui amène le patient à renouveler sa prise (somnifère par exemple). Par ailleurs, la substitution ou la prescription "tout générique" entraîne de fréquentes confusions. Les patients prennent deux génériques du même produit ou se trompent et prennent à tort un médicament dont le nom ressemble à un autre. Il existe une dizaine de firmes génériques en Belgique.

La boîte est à peu près la même pour tous les produits d'une même industrie de génériques et, de ce fait, des patients qui prennent habituellement deux produits différents n'en prennent qu'un seul. L'emballage et la forme du comprimé sont parfois différents pour des génériques qui renferment les mêmes molécules.

D'où la confusion pour les patients qui, du coup, prennent parfois deux comprimés au lieu d'un, a expliqué le docteur Lemye. L'ABSyM souligne qu'elle ne s'attaque pas à la qualité des génériques mais qu'il ne faut pas les prescrire en toutes circonstances (pas par exemple en milieu de traitement et/ou à des patients dont la mémoire laisse à désirer). Elle souhaite un approfondissement de cette enquête "superficielle". En outre, l'association appelle la Commission de pharmacovigilance à se pencher sur ce problème des accidents thérapeutiques.

Photo Belga

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