L'UE n'a aucune intention de bloquer la vente d'Opel

Le patron de la société fiduciaire en charge d'Opel appelle à une vente rapide à l'équipementier canadien Magna. La filiale européenne de GM pourrait manquer de liquidités à la mi-janvier 2010.

Bruxelles (afp) - Bruxelles n'a aucune intention de "bloquer" la vente par le constructeur automobile américain General Motors de sa filiale européenne Opel à l'équipementier canadien Magna, a clairement stipulé mardi le porte-parole de la commissaire européenne à la Concurrence Neelie Kroes.
"On n'a nullement l'intention de bloquer cette opération", a déclaré devant la presse le porte-parole, Jonathan Todd.

Le but de la Commission européenne est de "clarifier qu'il n'y a pas de conditions inacceptables imposées sur la disponibilité de l'argent" mis à disposition par l'Allemagne pour sauver les usines Opel (soit 4,5 milliards d'euros d'aide publique), a-t-il précisé.

S'exprimant mardi à Strasbourg devant le Parlement européen, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a déclaré: "je suis confiant que nous allons trouver une solution". "Nous ne pouvons pas faire des compromis avec les règles du marché européen", a-t-il néanmoins rappelé.
Vendredi soir, la Commission européenne, gendarme de la concurrence dans l'UE, avait indiqué que l'aide promise en août par l'Allemagne n'était pas conforme aux règles de concurrence, car "assujettie" au choix d'un repreneur spécifique (Magna).

Cette certitude lui est venue après la lecture de 300 pages de documents fournis par le gouvernement allemand.
Répondant immédiatement à ce reproche, Berlin a écrit samedi à General Motors et à sa filiale Opel pour dire que son aide publique serait disponible quel que soit le choix du repreneur.

La Commission souhaite maintenant que GM et Opel prennent position, au vu des nouvelles assurances apportées par le gouvernement allemand.

"Si les entreprises en question confirment leur choix ou font un autre choix, nous serons contents. Car au moins ça sera clair et net que cet argent n'était pas lié au choix d'un investisseur particulier", a commenté le porte-parole de la Commission.

"Nous attendons encore les réponses" de General Motors et de la société fiduciaire qui gère Opel, a indiqué mardi à l'AFP un porte-parole du ministère allemand de l'Economie, qui espère un règlement des discussions avec Bruxelles "aussi vite que possible".

General Motors reste déterminé à conclure la vente de sa filiale Opel à l'équipementier canadien Magna, en dépit des réserves de l'UE, a déclaré son directeur général Fritz Henderson, dans le Financial Times de mardi. "Pour l'instant, nous employons tout notre temps à faire aboutir la transaction", a-t-il dit.

Prévue pour le milieu de la semaine, la signature du contrat pourrait cependant être encore repoussée en raison des négociations toujours en cours, a indiqué à l'AFP une source proche du dossier.

MANQUE DE LIQUIDITES

Par ailleurs, le patron de la société fiduciaire en charge d'Opel, Fred Irwin, a appelé mardi à finaliser rapidement la vente à l'équipementier canadien Magna de la filiale européenne de GM, qui pourrait manquer de liquidités à la mi-janvier 2010.


Opel "ne dispose de liquidités que jusqu'à mi-janvier 2010, cela signifie que la décision doit intervenir le plus vite possible", a déclaré Fred Irwin à la radio Deutschlandfunk. GM devait en principe signer en milieu de semaine l'accord de reprise d'Opel par l'équipementier canadien Magna, associé à la banque russe Sberbank.


Vendredi, la Commission européenne a toutefois émis des doutes sérieux sur la conformité aux règles européennes de concurrence de l'aide promise par Berlin, qui a piloté la reprise du constructeur qui emploie quelque 25.000 salariés en Allemagne.
Berlin a assuré lundi que son aide n'était pas conditionnée au repreneur et qu'il ne voyait aucune raison de remettre en question la vente.

"Il n'est pas dans l'intérêt de la société fiduciaire de relancer la compétition entre les offres", a estimé M. Irwin. Le conseil d'administration de General Motors "doit se réunir aujourd'hui ou demain" et réfléchit "de façon pragmatique" a-t-il ajouté.

Opel emploie quelque 50.000 salariés en Allemagne, en Espagne, en Belgique et en Pologne, ainsi qu'au Royaume-Uni sous sa marque Vauxhall.

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