La construction encaisse la crise, mais résiste grâce aux plans de relance

©Photo News

Selon la Confédération de la Construction, "la baisse temporaire de la TVA décidée par le gouvernement a permis d'enrayer le report de projets autorisés dès avril et même de stimuler de nouveaux projets à partir de l'été dernier"

Bruxelles (L'Echo) - Quand la construction va, tout va. Rien d'étonnant donc qu'au moment où l'économie traverse la pire récession de l'après-guerre, ce secteur est un des plus exposés. Mais, c'est la bonne surprise, il résiste mieux que prévu, notamment grâce aux mesures de relance lancées par les autorités publiques.

Ainsi les quelque 80.000 entreprises belges de construction ont vu leur activité baisser de 4,5% en 2009, et " ce repli devrait se poursuivre en 2010 ", a prévenu à l'occasion d'une conférence de presse Robert de Mûelenaere, administrateur délégué de la Confédération Construction.

En cause: la baisse de 7,3% des logements neufs autorisés entre octobre 2008 et septembre 2009, à 47.700 unités. "Ce mouvement se poursuivra cette année avec une nouvelle baisse attendue de 5 et 10% à 41.000 ou 42.000 logements neufs, soit 10.000 de moins qu'il y a deux ans. C'est l'effet direct de la montée du chômage et de l'incertitude quant au fait de garder son emploi: les gens ne s'engagent plus ou ont peur de s'engager dans de nouveaux projets", note Robert de Mûelenaere.

Mais selon le lobby, "la baisse temporaire de la TVA décidée par le gouvernement a permis d'enrayer le report de projets autorisés dès avril et même de stimuler de nouveaux projets à partir de l'été dernier".

La relève ne viendra certainement pas des entreprises, puisque malgré un sursaut fin 2008/début 2009, les permis de bâtir pour la construction non-résidentielle ont globalement baissé de 5% en 2009 et s'annoncent en repli plus prononcé encore, "de l'ordre de 10%", pour 2010.

Le génie civil,
en revanche, joue les amortisseurs. "Grâce aux investissements des autorités, en particulier en Wallonie et au fédéral, mais aussi aux pouvoirs locaux dans la perspective des élections communales de 2012, nous nous attendons à une hausse de 3% de cette activité en 2010, après une croissance de 1% déjà en 2009", souligne le patron de la confédération.

Autre secteur largement soutenu par les pouvoirs publics: la rénovation. Primes et incitants fiscaux à l'isolation ont permis de maintenir une croissance de 1,1% l'an passé et devrait même la faire grimper à 1,5% en 2010, estime la confédération.

La bonne surprise découlant de tout cela, c'est que l'emploi dans le secteur n'a reculé que de 1,6% au troisième trimestre de 2009, soit bien moins que dans l'industrie ou que dans les autres pays européens.

Il faut dire que la construction reste en pénurie de main d'oeuvre qualifiée ("les entreprises ne lâchent pas de si tôt les travailleurs qu'elles ont parfois eu tant de mal à former, surtout dans des secteurs comme les installations et le parachèvement") et que pas moins de 20.000 recrutements sont nécessaires pour remplacer les départs naturels, ce qui est bien peu par rapport aux 3.000 postes perdus.

Enfin, tous les éléments sont réunis pour une reprise en 2011, souligne Robert de Mûelenaere. "Le prix des matériaux a baissé de 3,5% et n'augmente pas, la TVA restera réduite jusque fin 2010, les taux hypothécaires sont particulièrement attractifs avec un taux allant jusque 3% pour les prêts révisables, et enfin les Régions flamande et wallonne offrent une assurance perte de revenu pouvant aller jusque 500 euros", fait-il valoir.

Ses arguments seront-ils entendus? Début de réponse après le salon Batibouw, qui aura lieu d'ici un mois. 

Jean-Yves Klein

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés