Les britanniques récupèrent la légendaire Aston Martin (479 millions d'euros)

Aston Martin, la marque de voitures fétiche de James Bond, détenue depuis vingt ans par le constructeur américain Ford, est revenue lundi dans le giron britannique, interrompant une longue série de déboires pour l'industrie automobile du Royaume-Uni.

(afp) Aston Martin, dont les origines remontent à 1913, est considérée comme la fine fleur du coupé sport de luxe en Grande-Bretagne, du modèle DB5, que conduisait Sean Connery, alias 007, dans le film Goldfinger en 1964, jusqu'au nouveau DBS, que fait rugir Daniel Craig dans Casino Royale, le dernier épisode des aventures du célèbre espion au cinéma.

Les bolides, dont 7.000 exemplaires ont été écoulés l'an dernier dans le monde, un record pour la marque, ont été rachetés pour 479 millions de livres (703 millions d'euros) par un groupe d'investisseurs emmené par un ancien pilote britannique, David Richards, champion du monde des rallyes en 1981 aux côté du Finlandais Ari Vatanen.

Ford, qui avait mis en vente la marque l'an dernier, conserve un intérêt d'environ 8% au capital. Le numéro trois mondial des constructeurs, qui a perdu 12,7 milliards de dollars en 2006, est en pleine restructuration.

David Richards est à la tête de la société Prodrive, fondée en 1984, qui emploie 1.000 personnes au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, en Allemagne, en Thaïlande et en Australie. Elle fabrique des pièces détachées pour les voitures de course et dirige des écuries sur les circuits, dont Subaru avec laquelle elle a déjà remporté six Championnats du monde des rallyes, et Aston Martin aux 24 Heures du Mans.

Le groupe de repreneurs inclut aussi John Sinders, un banquier d'affaires de Houston et Dubaï, collectionneur d'Aston Martin et sponsor de son équipe de course, ainsi que deux sociétés du Koweït, Investment Dar et Adeem Investment. Prodrive est par ailleurs détenu à 49% par le fonds Apax Partners.

Malgré ces soutiens, la transaction marque le retour au pays d'une des icônes de l'industrie automobile britannique, qui les a perdues une à une: Jaguar et Land Rover appartiennent à Ford, Rolls-Royce et Bentley aux allemands BMW et Volkswagen, et MG au chinois Nanjing.

Le secteur a en outre vu disparaître 10.000 emplois depuis 2004 avec la fermeture de l'usine historique de Jaguar à Coventry et la vente de son écurie de Formule 1, la faillite de Rover en 2005 et le départ de Peugeot cette année.

"C'est une opportunité incroyable, Aston Martin est l'une des marques les plus mythiques au monde", s'est félicité David Richards, lors d'une conférence de presse au siège de la marque à Gaydon (centre).

"C'est un nouveau départ qui va donner à l'entreprise l'occasion d'atteindre un niveau d'excellence encore plus élevé", a déclaré Ulrich Bez, l'actuel patron d'Aston Martin, qui restera son directeur général, M. Richards prenant la fonction de président non-exécutif.

"De même que les purs-sangs sont les seuls à pouvoir gagner une course de chevaux, les voitures de sport seront les derniers survivants de l'art automobile" britannique, a-t-il ajouté.

Nombre d'experts considèrent que l'avenir du secteur automobile au Royaume-Uni réside dans les niches de luxe, où le savoir-faire britannique est bien plus grand que dans la production de masse.

"La proposition de Prodrive paraît satisfaire nos objectifs" de maintien des activités et des emplois industriels dans le pays, a souligné de son côté Dave Osborne, du syndicat Transport & General. Selon Ulrich Bez, environ 200 emplois seront créés à l'usine de Gaydon pour produire le Rapide, un modèle quatre portes dont le lancement est prévu en 2010.

Photo Belga

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés