Les quotas CO2 rapportent à ArcelorMittal

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La vente de quotas CO2 a rapporté plus de 100 millions de dollars à ArcelorMittal entre 2007 et 2009. Des quotas que le sidérurgiste a obtenus gratuitement auprès de la Région wallonne?

ArcelorMittal a-t-il réalisé un bénéfice sur des quotas reçus par les gouvernements wallon et fédéral ? La question mérite d'être posée.

On s'en souvient, Lakshmi Mittal avait exigé le versement de quotas de CO2 en échange de la relance du haut-fourneau numéro 6 de Liège. Sur la période 2008-2012, le besoin était évalué à 20 millions de tonnes, soit 4 millions de tonnes par an. Après de complexes tractations, l'effort public belge s'est réparti entre le gouvernement fédéral et la Région wallonne.

Depuis, la crise s'est abattue sur le secteur de l'acier, et le haut-fourneau numéro 6 relancé en 2008 est maintenant fermé. Tout comme le deuxième.

Entre-temps, le groupe a revendu des quotas. L'information est soigneusement glissée en page 7 du communiqué de presse. Le sidérurgiste y indique avoir dégagé " un gain net de 108 millions de dollars réalisé sur la vente de crédits de dioxyde de carbone achetés par ArcelorMittal depuis 2007".

Plus loin, le groupe précise que de 2007 à 2009, il avait acheté des crédits " pour 19,2 millions de tonnes" et qu'il "en a vendu pour 18,6 millions de tonnes à la fin de 2009 (dont 6 millions vendus au cours du quatrième trimestre) ".D'après le groupe, ces recettes " vont être réinvesties dans des projets d'économie d'énergie ".

Faut-il comprendre que ce qui a été reçu d'un côté est revendu de l'autre ? Michel Wurth, membre de la direction générale d'ArcelorMittal et responsable de l'acier plat en Europe, est catégorique : "Ce ne sont pas les quotas de Liège qui ont été revendus. Mais une partie que le groupe avait achetée. "

Reste qu'il aurait peut-être été difficile de revendre des quotas excédentaires sans l'aide de la Région wallonne auparavant. Michel Wurth tient au passage à rappeler que l'intégralité de l'enveloppe promise par le ministre Marcourt n'a toujours pas été allouée. Or, si on se place dans une optique de relance à Liège, " on en aura besoin. Sans ces quotas, il y aura un problème."

François-Xavier Lefevre

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