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Les syndicats "craignent le pire" pour ArcelorMittal

"En novembre dernier, la direction du groupe avait annoncé la disparition de 9.000 emplois, dont 6.000 en Europe. Aujourd'hui, la pression s'accroît et le rythme des suppressions de postes s'accélère. On craint le pire", a expliqué Peter Scherrer, secrétaire général de la Fédération européenne des Métallurgistes (FEM).

(belga) - Alors que le géant de la sidérurgie ArcelorMittal doit officialiser, demain/mercredi, le montant des dividendes versés à ses actionnaires, un bon millier de militants syndicaux européens - 1.300 selon les organisateurs - ont défilé dans les rues de Bruxelles afin de "tirer la sonnette d'alarme". "Les travailleurs ne peuvent pas toujours être les dindons de la farce", ont-ils averti en substance.

"En novembre dernier, la direction du groupe avait annoncé la disparition de 9.000 emplois, dont 6.000 en Europe. Aujourd'hui, la pression s'accroît et le rythme des suppressions de postes s'accélère. On craint le pire", a expliqué Peter Scherrer, secrétaire général de la Fédération européenne des Métallurgistes (FEM), au terme de la manifestation.

Cette dernière, qui était partie de la Gare du Midi pour se disloquer près de la Gare du Nord après avoir emprunté les boulevards de la capitale, a réuni, sous une pluie battante, des syndicalistes belges, français, espagnols, allemands mais aussi tchèques, estoniens et polonais.

"Une belle solidarité européenne", s'est réjoui Peter Scherrer.

Selon ce dernier, les usines européennes d'ArcelorMittal tournent actuellement, en moyenne, à 50 pc de leur capacité et 17 hauts-fourneaux ont été totalement mis à l'arrêt ou tout au moins ralentis. "Ce que l'on dénonce, c'est que l'argent est redistribué aux actionnaires et pas réinvesti dans l'outil pour assurer sa survie. En ces temps de crise, c'est totalement indécent", a poursuivi le responsable syndical.

"Nous savons que la situation est difficile et qu'il faut agir. Mais il ne suffit pas de dire que c'est la crise et que des emplois doivent passer à la trappe. Nous exigeons davantage de fantaisie et surtout, des solutions négociées", a-t-il ajouté.

Pas question, ainsi, pour les syndicats d'accepter des licenciements secs alors que depuis 2002, le groupe enregistre des bénéfices "substantiels". "En 2008, on parle de plus de 7 milliards de bénéfices sur les 9 premiers mois de l'année", a précisé Nico Cué (FGTB).

"Sur les 6.000 pertes d'emploi annoncées en novembre, 350 concernent le bassin liégeois. Depuis, on a appris que 1.050 emplois complémentaires étaient également menacés. Nous assistons à une deuxième vague de restructuration, accentuée par le fait que les contrats avec les sous-traitants sont arrêtés", a encore indiqué le responsable du syndicat belge. Or, selon un calcul des représentants des travailleurs, quand un emploi direct disparaît, ce sont 2,5 emplois indirects qui sont supprimés.

"On peut accepter des fermetures de site, des baisses de production et des pertes d'emploi, mais le problème c'est le manque d'information en ce qui concerne le projet industriel du groupe. Distribuer des dividendes, ce n'est pas un plan industriel", a de son côté conclu Peter Scherrer en rappelant la "grande responsabilité sociale d'ArcelorMittal", un groupe qui emploie plus de 326.000 personnes de par le monde.

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