Newmont blanchi de l'accusation de pollution en Indonésie

Le géant minier américain Newmont, premier producteur mondial d'or, a été blanchi mardi par un tribunal indonésien de l'accusation d'avoir gravement contaminé une baie d'Indonésie.

(afp) Les juges ont estimé que la firme basée à Denver (Colorado) n'a pas pollué la mer au nord de l'île de Célèbes, détruisant l'écosystème et empoisonnant les habitants, ainsi que le soutenaient le gouvernement et les écologistes.

"L'eau de la baie de Buyat n'a pas été contaminée par les rejets de PT Newmont", a déclaré le magistrat Ridwan Damanik au sujet de PT Newmont Minahasa Raya, la filiale indonésienne de Newmont.

Le verdict a détaillé les résultats de différentes études qui ont toutes conclu sauf une que le niveau de pollution était demeuré "sous les seuils (autorisés)".

L'affaire avait éclaté en août 2004 quand des habitants de la baie de Buyat à Sulawesi (autre nom de Célèbes) avaient accusé Newmont d'avoir rejeté de fortes quantités de mercure et d'arsenic de sa mine d'or. Selon eux la société a causé des morts ainsi que des maladies cutanées et neurologiques.

L'Américain Richard Ness, président de PT Newmont, a été innocenté par le même tribunal. Il encourait trois ans de prison.

La décision a été accueillie par des applaudissements dans la salle d'audience. "Nous sommes soulagés", s'est exclamé Robert Gallagher, vice-président de Newmont Indonésie.

A l'extérieur du bâtiment s'étaient massés des centaines de manifestants, face à de nombreux policiers armés, en tenue anti-émeute.

Parmi les protestataires se trouvaient de nombreux militants écologistes ainsi que des dizaines de villageois qui affirment être tombés malades à cause des rejets toxiques de Newmont.

Ils accusaient sur leurs banderoles la firme américaine de "crime environnemental".

Certains ont accusé le coup en apprenant la relaxe du géant minier. "C'est injuste, c'est injuste", s'est effondrée Janiah Ompi, une paysanne souffrant d'une tumeur causée selon elle par les rejets de Newmont.

"Aujourd'hui l'Etat devrait pleurer, car c'est lui le grand perdant", a pour sa part estimé Rignolda Jamaluddin, un océanologue de l'université Sam Ratulangi de Manado persuadé de la contamination de l'écosystème.

Le groupe américain s'était entouré d'une puissante équipe d'avocats internationaux et indonésiens. Il a assuré être resté dans les normes en vigueur concernant ses déchets toxiques durant le procès qui s'est étalé sur vingt mois.

La saga judiciaire Newmont a pris une dimension emblématique dépassant les enjeux locaux de la baie de Buyat.

D'un côté une partie des Indonésiens pensaient qu'une condamnation de Newmont serait une bonne chose pour l'Indonésie, un pays où les grandes firmes sont souvent accusées de s'acheter une bonne conduite grâce à des pots-de-vin.

De l'autre de nombreux investisseurs étrangers, agacés par la corruption en Indonésie, s'étaient rangés du côté de "Rick" Ness, en affirmant - sans preuves - que des juges et des responsables tentaient de s'enrichir sur le dos de Newmont, en le forçant à débourser des millions de dollars.

Priyo Pribadi, directeur général de l'Association minière d'Indonésie, a estimé que le verdict aurait des conséquences positives. "Les investisseurs auront confiance dans le système judiciaire indonésien et cela est capital", a-t-il dit à l'AFP.

Photo Belga

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