Opel Anvers: le jour de l’exécution?

©REUTERS

Les syndicats d’Opel Anvers s’attendent à ce que le couperet tombe aujourd’hui. Faute de remplaçante à l’Astra, le site anversois fermerait.

Mercredi soir, l’issue ne faisait pas un pli pour Walter Cnop, secrétaire national de la CSC-Métal. "Il y a 99,99% de chance que l'on annonce la fermeture de l'usine."

"Tout indique cela : la vitesse à laquelle tout se déroulera, le fait que les gens puissent rentrer chez eux", précisait Eddy De Decker de la CSC.

Exaspérés par l’absence de clarté, épuisés par l’incertitude et cette mauvaise nouvelle qui plane depuis des mois, les syndicats de l'usine Opel Anvers ont fermé hier, à 16 heures, les grilles du parking de l’usine, empêchant la sortie de quelques voitures assemblées, même si la production continuait.

Les nouvelles rumeurs sont arrivées d’Allemagne, dont les médias annonçaient hier la fermeture quasi inévitable de l'usine d'Anvers. Selon l'agence DPA, le nouveau patron de GM Europe Nick Reilly a annoncé cette fermeture vendredi dernier, lors d'une réunion du conseil de surveillance; il avait toutefois fait marche arrière devant l'opposition des travailleurs. La crainte était croissante, depuis, que le patron d'Opel ne mette les syndicats devant le fait accompli.

Signe révélateur: mardi, une réunion de travail à Russelsheim, regroupant les syndicats belges, les directions anversoise et européenne, s’était mal passée. Les syndicats devaient y présenter leur "business case" pour Anvers, avec des alternatives à la fermeture du site anversois.

Nick Reilly veut, en effet, que le projet de nouveau SUV d'Opel ne soit pas assemblé à Anvers, mais en Corée du Sud. C’est Daewoo, filiale de GM où il a lui-même œuvré, ainsi que le nouveau directeur financier d'Opel, qui héritera du modèle. Daewoo développe déjà la petite plate-forme Gamma de GM, sur laquelle reposeront la nouvelle Corsa cinq portes et le petit monospace Meriva.

"Cette décision de déplacer la production de ce SUV hors Europe n’est pas surprenante, commente Eric Desomer, associé en charge de l’automobile chez Deloitte. On en revient au point zéro. Opel en Europe est en surcapacité de 20%, concentré sur l’Europe traditionnelle, qui est justement le seul marché qui connaîtra une année 2010 très difficile, alors que le marché américain rebondit, que la Chine augmentera encore de 5 à 10% et que l’Inde s’apprête à exploser dans les 10 prochaines années. A cela s’ajoute le fait que les coûts de production européens sont les plus élevés, avec un euro fort. La question qui demeure est: pourquoi Anvers? Quelles sont les vraies raisons derrière cette décision?"

"C’est maintenant une discussion entre les syndicats, le management et Nick Reilly, réagissait hier le ministre-président flamand Kris Peeters. Je n’ai aucun contact avec lui. Je ne peux plus intervenir et c’est plus sage d’agir ainsi. Les ouvriers sont maintenant les partenaires les plus importants pour donner au management les informations correctes concernant la production. J’ai tout essayé avec les syndicats et la direction d’Anvers. Cela relève maintenant de la compétence et de la responsabilité de Nick Reilly. J’attends sa décision."

Une fermeture d’Anvers entraînerait la disparition de 2.300 emplois directs et 10.000 indirects.

Et ce même si d’aucuns, comme Eric Desomer (Deloitte), croient en un futur vert pour l’usine belge: un futur misant sur la technologie hybride et électrique, à construire en partenariat avec les centres de recherche, les universités, l’Etat belge et les ouvriers d’Opel. L

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