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"Picanol a encore de l'argent pour trois semaines"

Luc Van Nevel, président de Picanol ©Photo News

Les actionnaires de Picanol ont approuvé, à l’occasion d’une assemblée générale extraordinaire, la proposition d’augmenter le capital de 15 millions d’euros. Luc Van Nevel, le président de Picanol, a indiqué que cette opération était vitale pour la survie de l’entreprise. “Autrement nous serons sans argent d’ici trois semaines” a-t-il précisé.

Bruxelles (L’Echo) – Les actionnaires de Picanol ont approuvé, à l’occasion d’une assemblée générale extraordinaire, la proposition d’augmenter le capital de 15 millions d’euros. Les actionnaires minoritaires, représentant 26% de l’entreprise basée à Ypres, étaient contre cette opération, mais n’avaient pas droit au vote. Luc Van Nevel, le président de Picanol, a indiqué à L'Echo.be que cette opération était vitale pour la survie de l’entreprise. “Autrement nous serons sans argent d’ici trois semaines” a-t-il précisé.

Picanol est nettement sous pression à cause de la crise économique. Le fabricant de métiers à tisser avec ses volumes chuter de 43% en 2008 et l'entreprise est tombée dans le rouge à hauteur de plus de 15 millions d’euros. Le marché pour les machines textiles en Chine, le segment de croissance dans ce secteur, est, selon Picanol, est totalement plat. Les perspectives restent sombre, l’entreprise ne table pas sur une amélioration à court ou moyen terme. Picanol a déjà mis sur pied deux restructurations sur ces neuf derniers mois.

Le cash-flow de Picanol est également nettement dans le rouge. C’est pourquoi le groupe yprois souhaite renforcer ses liquidités par une augmentation de capital avec droit de préférence à hauteur de 15 millions d’euros. Celle-ci devrait être entièrement souscrite par l’actionnaire de référence Johan et Patrick Steverlynck. Picanol a par ailleurs également déjà assuré pour 30 millions d’euros de crédit auprès des banques.

Les actionnaires minoritaires de l’entreprise, dont le précédent admnistrateur PaulVandekerckhove et Philippe Steverlynck, sont contre cette opération. Ceux-ci estiment qu’ils n’ont pas suffisament été mis au courant de la situation de l'entreprise. Ils craignent que la transaction ne se fasse très en-dessous du cours actuel de l’action. En prévision de l’assemblée extraordinaire, les deux actionnaires avaient déposé de former un bloc de 26,6% afin de voter contre l’augmentation de capital.

Lors de l’assemblée générale ordinaire, qui a précédé l’assemblée extraordinaire, il est cependant apparu que les deux actionnaires minoritaires ne disposaient pas du droit de vote. Selon le conseil d’administration, les déclarations de transparence ont en effet été introduites trop tard, selon le conseil d'administration du groupe. L'avocat Koen Van den Broeck, du cabinet Allen & Overy, conteste la suspension du droit de vote, assurant qu'il n'existe aucune obligation légale qui oblige à faire cette déclaration de transparence.

Avec leurs 26,6% de Picanol, les actionnaires minoritaires auraient eu une minorité de blocage sur la proposition d'une augmentation de capital de 15 millions d'euros.

Maintenant que l’augmentation de capital a été approuvée, Van den Broeck n’exclut pas que ses clients n’entreprenent des démarches juridiques pour se retourne contre l’augmentation de capital. “Nous avons été pris par surprise. C’est une des options d’aller en justice pour demander une suspension de l’assemblée générale. Nous voulons collaborer, mais nous avons été mis devant le fait accompli.” Van den Broek a également essayé de reporter l’assemblée de deux semaines, mais cette proposition n’a pas été retenue.

Luc Van Nevel, le président de Picanol, “est déçu de l’attitude des actionnaires minoritaires”. “S’ils entreprenent des démarches juridiques, ils jouent avec l’avenir de l’entreprise et de 1.500 personnes et leurs familles”.

Selon Van Nevel, sans cette augmentation de capital l’entreprise “ne pouvait pas survivre”. “Dans les trois semaines, il n’y aura plus d’argent. S’il y a des démarches juridiques, il n’y aura plus grand monde à qui intenter un procès car l’entreprise n’existera plus” a déclaré celui-ci à L'Echo.be

(c) - L'Echo

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