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Renault-Daimler, rien que pour le meilleur…

Fini le suspense, finies les supputations. Au Palais des Congrès - en plein cœur de Bruxelles - devant une masse de journalistes français et allemands, Carlos Ghosn et Dieter Zetsche ont scellé mercredi les termes d’une «collaboration stratégique».

Bruxelles (L'Echo) - L’accord est dans les cartons depuis plus d’un mois mais il aura fallu attendre jusqu’aux petites heures pour que les trois parties s’accordent sur l’ampleur des participations croisées.

  • Selon un montage complexe, Daimler recevra 3,1% des actions nouvellement émises par Renault et 3,1% des actions Nissan, des parts jusque là détenues par le groupe au losange.
  •  L’Allemand offre en échange à Renault 3,1% de ses parts.
  •  Le Français en rétrocède la moitié (1,55%) à Nissan qui met 2% de ses actions dans la balance.

«Nous avons étudié différents scénarios. 3,1 cela sonnait finalement bien ! Ces participations croisées auraient pu être de 5 ou 7%, cela n’aurait rien changé. L’important c’était de montrer à nos équipes que nous avions envie de travailler l’un avec l’autre. Qu’il ne s’agissait pas uniquement de belles paroles», répondra aux questions de la salle Carlos Ghosn, CEO de l’alliance Renault-Nissan. 

La genèse de ce rapprochement à trois est à trouver dans la volonté de Daimler de réduire les coûts de production de la Smart. «Nous cherchions un partenaire pour construire les versions futures. Très vite, il s’est avéré qu’avec Renault, nous avions un intérêt à coopérer tous azimuts»,  intervient ici Dieter Zetsche, président du directeur de la maison mère de Mercedes. Quatre engagements ont déjà été pris :

  • Les Smart et les Twingo nouvelle génération seront fabriquées à partir d’une architecture développée en commun. Chaque véhicule conservera un design spécifique. Le site Daimler d’Hambach reste titulaire pour la Smart deux places mais Renault assurera la production des versions quatre sièges dans son usine slovène de Novo Mesto.
  • L’alliance Renault-Nissan fournira à Mercedes des moteurs 3 et 4 cylindres qui équiperont les Classe A et B. Une activité aujourd’hui peu rentable pour l’Allemand qui ne produit que 250.000 citadines par an.
  • En contrepartie Daimler offrira à Infiniti - marque de luxe de Nissan - ses moteurs pour grosses cylindrées.
  • Les constructeurs collaboreront enfin étroitement dans le domaine des utilitaires légers. Mercedes compte lancer un modèle d’entrée de gamme. La technologie proviendra de Maubeuge, où Renault assemble ses Kangoo.

 

Les deux partenaires sont transparents : l’accord qui vient de se finaliser doit permettre de belles économies. Il sera créateur de  valeur. Tant Carlos Ghosn que Dieter Zetsche tablent ainsi sur un bonus étalé sur 5 ans de 2 milliards d’euros. Un «gain» répartit équitablement entre Renault et Nissan pour l’alliance.

«L’accord est bétonné jusqu’en 2015. Si rien n’est encore stipulé sur papier, il semble clair que nos nous collaborerons sur divers projets électriques. Il serait absurde de ne pas user de synergies, d’investir chacun de son côté dans l’avenir», commente Dieter Zetsche.

«Nous ne visons pas le même public et nos voitures ne sont pas toujours équipées des mêmes pièces. Mais ce que nous pourrons faire ensemble, nous le ferons ensemble», complète Carlos Ghosn.

L'alliance sera pilotée au quotidien par un comité formé de hauts dirigeants des 3  groupes.

François Bailly

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