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Siemens vend VDO à Continental pour 11,4 milliards EUR

Le groupe technologique allemand Siemens a annoncé mercredi dans un communiqué la vente à l'équipementier allemand Continental de sa filiale VDO (équipements automobiles) pour 11,4 millliards d'euros.

(afp) Le groupe Siemens a choisi l'option allemande pour se défaire de sa filiale VDO, qui sera vendue à l'équipementier automobile Continental pour 11,4 milliards d'euros, et a décidé de faire une lourde acquisition aux Etats-Unis, durement sanctionnée à la Bourse de Francfort.

Le nouveau patron Peter Löscher, en poste depuis le 1er juillet, a préféré une voie politiquement correcte pour sa première décision de grande envergure. VDO, fabricant d'équipements automobiles qui emploie plus de 50.000 salariés dans le monde dont 19.600 en Allemagne, devait entrer partiellement en Bourse, mais Siemens n'avait jamais exclu de le vendre complètement.

Il avait à choisir entre deux candidats: Continental, et la société américaine TRW, pilotée par le fonds d'investissement Blackstone.

Le scénario d'un rachat éventuel de VDO par Blackstone a fait beaucoup de vagues en Allemagne, alors qu'un débat sur une protection des fleurons industriels nationaux face aux fonds étrangers agite le pays, en partie alimenté par la chancelière Angela Merkel.

Le président de la Fédération allemande de l'automobile (VDA), Matthias Wissmann, salue dans un entretien à paraître jeudi une "décision excellente pour l'industrie allemande", renforcée face à "une rude concurrence mondiale."

M. Wissman, interrogé dans le quotidien Neue Osnabrücker Zeitung, fait valoir que Continental se hisse de la 12ème à la 5ème place du marché mondial des équipements automobiles, dominé par un autre Allemand, Bosch.

M. Löscher a assuré mercredi que Continental avait "payé le meilleur prix", alors qu'à la Bourse de Francfort, certains investisseurs avaient espéré que Siemens ferait davantage monter les enchères.

Cette déception pesait sur l'action: vers 14h40 GMT, elle plongeait de 5,81% à 99,88 euros.

Mais plus que le prix pour VDO, la Bourse sanctionnait selon des courtiers l'annonce par Siemens du rachat de l'américain Dade (diagnostics médicaux), pour 7 milliards de dollars, soit plus de quatre fois le chiffre d'affaires annuel de cette société.

Siemens a aussi indiqué que Dade ne contribuerait à son bénéfice par action qu'à partir de 2010.

"L'achat de Dade est en ligne avec la volonté de Siemens de se renforcer dans le domaine (des techniques médicales), mais c'est une assez grosse acquisition", estime Michael Bahlmann, analyste chez MM Warburg.

"L'évolution démographique et la demande croissante de soins de qualité font sans cesse progresser ce marché", s'est justifié Peter Löscher, ajoutant: "Après l'acquisition l'an dernier de Diagnostic Products Corporation et de Bayer Diagnostics, ce rachat nous assure une position forte."

Autre motif de déception pour le marché boursier: les résultats financiers annoncés en parallèle par Siemens.

Pour Michael Bahnlmann, "les effets exceptionnels liés à Nokia Siemens ont plus pesé que prévu" sur les chiffres du troisième trimestre de l'exercice 2006/2007 de Siemens.

Nokia et Siemens avaient décidé en juin 2006 de fusionner leurs réseaux de télécoms. L'entreprise ainsi créée, Nokia Siemens Networks, est engagée dans une vaste restructuration entraînant 9.000 suppressions d'emplois.

Siemens a réalisé au troisième trimestre de son exercice décalé un bénéfice net de 2,065 milliards d'euros, en hausse de 53,6% sur un an.

Sur la même période, il a dégagé un chiffre d'affaires en hausse de 8% à 20,176 milliards d'euros et un bénéfice opérationnel en progression de 22% à 1,504 milliard d'euros malgré l'impact négatif de 371 millions d'euros causé par Nokia Siemens.

Photo belga

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