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Sucraf a décuplé de valeur en moins d'an

Voilà certainement l'une des plus belles progressions boursières de ces onze derniers mois. Et pourtant il ne s'agit pas d'une valeur biotech ou d'une société high-tech. L'explication est à chercher du côté de la spéculation et des projets pour relancer la Sucrerie de Kiliba au RDCongo.

Sucre de canne non raffiné

(l'écho) - Longtemps en sommeil sur ce qui fut le second marché de la Bourse de Bruxelles (aujourd'hui intégré au sein d'Euronext Bruxelles), Sucraf ne produit rien. Pour l'instant. Ce qui ne l'empêche pas de faire l'objet d'une spéculation intense depuis le mois de février 2006. A cette époque, l'action s'échangeait à 0,66 euro. Mercredi, elle a clôturé à 6,30 euros pour 1.322 titres échangés, en hausse de 46% par rapport au dernier cours réel. " Je ne sais pas s'il y a un lien mais la montée du cours de Sucraf correspond à la hausse du cours du sucre " nous a indiqué Paul Kronacker, l'administrateur-délégué de ce holding anversois.

Justement, le principal actif de Sucraf consiste en une participation d'environ 30% dans la Sucrerie de Kiliba située en République Démocratique du Congo, au Sud-Kivu et à l'arrêt depuis une dizaine d'années. En pleine activité cette usine a employé jusqu'à 3.000 personnes. Aujourd'hui, les responsables de Sucraf tentent de relancer l'activité en décrochant un crédit de 17 millions de dollars.

" Fin janvier, nous allons déposer un dossier mis à jour auprès de la Banque Africaine de Développement afin d'obtenir cette somme", a précisé le Baron Kronacker. L'instabilité rencontrée en RDC et les élections ont mis ce projet de financement entre parenthèses. "Pour tourner à pleine capacité, cela prendra trois ans, reconnaît toutefois Paul Kronacker. Il faut refaire presque toutes les plantations. " En cas de relance, l'usine pourra produire 16.000 tonnes de sucre et permettra à la RDC de réaliser des économies de devise de l'ordre de 8 millions de dollars, précisait-on lors de la dernière assemblée de Sucraf qui s'est tenue en juin.

La participation de Sucraf dans Kiliba est évaluée à 2,4 millions d'euros. Les comptes du holding étaient dans le rouge à hauteur de 27.367 euros en 2005 contre une perte de 60.742 euros en 2004.

Mais le tour de table de la Sucrerie de Kiliba est amené à connaître un changement notable. " Le groupe Kotecha qui détient un tiers des parts veut quitter le capital. Il y a plusieurs candidats potentiels pour le remplacer dont un groupe mauricien qui est aussi prêt à mettre de l'argent frais dans la société via une éventuelle augmentation de capital " a indiqué le patron de Sucraf.

Ces perspectives plutôt favorables suffisent-elles à justifier l'envolée de l'action ? Réponse de Paul Kronacker qui affirme ne pas savoir qui se porte acheteur: "Le cours est très bon marché car l'usine n'est pas en activité aujourd'hui. Mais si elle redémarre un jour, le cours actuel peut être considéré comme très bas."

S.Wuille

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