Belgacom tempère ses prévisions de marge

La fusion BICS/MTN a boosté les résultats de l’opérateur au premier trimestre. Mais la marge Ebitda est sous pression.

Bruxelles (L'Echo) - De l’avis de son administrateur délégué Didier Bellens et des analystes, Belgacom signe un premier trimestre honnête, soutenu par des recettes exceptionnelles. "En résumé, on peut dire que le groupe a publié des résultats grosso modo en ligne avec les prévisions. Mais par rapport au consensus, l’Ebitda est tout de même légèrement moins bon qu’attendu", a commenté Siddy Jobe, analyste à la banque Degroof.

Les revenus du premier trimestre ont crû de 10 % en glissement annuel à 1,641 milliard d’euros grâce aux activités "carrier" du groupe. Abstraction faite de cet impact, le chiffre d’affaires reste correct même si les revenus des Business Units sont influencés par une réorganisation interne.

La fusion de BICS/MTN s’est traduite au premier trimestre par une recette exceptionnelle de 436 millions d’euros. Du coup, le bénéfice net de Belgacom a été multiplié par trois pour atteindre 638 millions d’euros. Par titre, le bénéfice net s’établit à 1,99 euro.

En revanche, les coûts de l’opérateur historique ont été impactés par "l’évolution du mix de produits et de canaux, de la hausse des frais d’interconnexion et des frais de migration de Scarlet". Les charges d’exploitation ont augmenté de 4,6 %.

Et la déception est de mise pour l’Ebitda qui atteint 495 millions d’euros tandis que la marge s’établit à 30,2 %. "Nous tablions sur une marge de 30,5 %", a rappelé Jobe. Et même si Didier Bellens a renforcé ses objectifs de croissance de chiffre d’affaires en indiquant "que les revenus annuels du groupe devraient se situer dans la tranche supérieure de la fourchette de 8 à 9 %", il a également prévenu qu’atteindre la marge d’Ebitda fixée en début d’année serait un réel défi.

"La nature de cette croissance et la pression de la concurrence ne manqueront pas de mettre notre marge d’Ebitda pour l’année à rude épreuve". Réagissant à cette déclaration, le titre a dévissé de plus de 4 % en Bourse de Bruxelles, un recul nettement supérieur à la moyenne du secteur en Europe.

Concurrence intensifiée

Au regard du nombre d’abonnés, deux tendances se dégagent. "Le premier trimestre a été très faible en terme d’évolution du nombre de clients mobiles dans le segment résidentiel. Cela s’explique largement par le "nettoyage" des clients inactifs chez certains de ses opérateurs de réseau mobile virtuel, mais partiellement aussi par la concurrence intensifiée de Telenet", a poursuivi Jobe. Sur la période, Belgacom a bien comptabilisé 8.000 clients postpaid en plus, mais cela n’a pas suffi à compenser la baisse du nombre de clients prepaid (-30.000).

En revanche, Belgacom TV rencontre un franc succès, augmentant sa base de clients de près de 50 % en glissement annuel. "Les 62.000 nouveaux clients, qui permettent de franchir le cap des 800.000 au total, montrent bien que les offres Belgacom TV sont très attractives", a rajouté Nico Melsens, analyste à la banque KBC Securities. Belgacom pointe enfin le succès de ses offres groupées. "Nous sommes parvenus, malgré une concurrence féroce, à augmenter notre part de marché dans toutes les zones couvertes par la télédistribution", s'est satisfait Didier Bellens.

 

S.G.

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