Guy Wyser-Pratte, chasseur d'entreprises

©© James Leynse/Corbis

Bientôt septuagénaire, l'investisseur et financier américain Guy Wyser-Pratte, qui s'attaque au groupe Lagardère, ne semble avoir rien perdu de sa pugnacité, acquise chez les Marines pendant la guerre du Vietnam.

(afp) - "Pirate de l'économie", "requin", "raider", "cow-boy", cet homme de stature imposante, dont le bureau new-yorkais est encombré d'une montagne de dossiers, n'a que faire des épithètes peu flatteuses qui lui sont accolées par ses adversaires ou dans les médias.
Considéré comme un pionnier de "l'activisme actionnarial", il définit lui-même aujourd'hui sa société Wyser-Pratte Management Co., comme un "fonds d'investissement actif ciblant les valeurs européennes sous-évaluées".

Guy Wyser-Pratte est né le 21 juin 1940 à Vichy, d'un père français, lui-même financier, et d'une mère autrichienne.

Après la deuxième guerre mondiale, son père s'installe à New York. Il fusionne en 1967 son cabinet avec une grande maison de titres, Bache & Co.
Diplômé en finance et en histoire, Guy Wyser-Pratt, devenu citoyen américain, passe plusieurs années au Vietnam, en tant qu'officier dans le corps des Marines.

En 1971, de retour aux Etats-Unis, il prend la tête du département d'arbitrage de Bache & Co, et publie plusieurs ouvrages sur cette technique financière visant à assurer un gain en prenant position simultanément et en sens contraire sur plusieurs actifs, sur différentes places boursières.
Il élabore ensuite avec sa société une stratégie simple et rapidement lucrative: il achète des actions d'entreprises qu'il juge sous-évaluées et mal dirigées, puis cherche à convaincre une majorité d'actionnaires de le suivre. Son but unique est de faire monter le cours des actions, pour les revendre en faisant des bénéfices.

Depuis le milieu des années 1990, il est particulièrement actif en Europe, France et Allemagne notamment. Il s'attaque en 1996 à Strafor-Facom, fabricant français de mobilier de bureau et d'outillage, dont il obtient la scission. Viennent ensuite Taittinger, Valeo, en Allemagne Mobilcom, Mannesmann, le groupe de tourisme TUI...

Son tableau de chasse approche aujourd'hui la centaine d'entreprises, dont les dirigeants gardent généralement un mauvais souvenir de son passage.
De son raid aux chaussures André est restée une citation tonitruante : "Nous allons napalmer la direction!", dont Guy Wyser-Pratte a concédé regretter par la suite la brutalité.

Il n'hésite pas à ironiser maintenant sur l'héritier et gérant du groupe Lagardère, Jean-Luc Lagardère, "un gentil garçon", qui devrait selon lui plutôt se consacrer à "ce qu'il aime, le sport, et partir"...

En 2007, il s'est vu décerner le prix de la revue spécialisée dans les hedge funds (fonds spéculatifs) Alternative Investment News pour l'"oeuvre de sa vie".

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