«La capacité contributive de la RTBF a des limites»

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Son patron, Jean-Paul Philippot, accueille avec un certain réalisme les mesures budgétaires imposées au Boulevard Reyers.

Bruxelles (L'Echo) - L administrateur général de la RTBF Jean-Paul Philippot revient sur les économies imposées dans le cadre des mesures budgétaires.

Comment accueillez-vous les 23 millions d'économies qui vont sont imposées d'ici 2012?

Il est normal que la RTBF participe comme tout le monde à l'effort budgétaire. Nous sommes parvenus à en limiter l'impact sur l'emploi (110 départs naturels ou sur base volontaire à 60 ans, NDLR) et nos missions de service public ne sont globalement pas menacées.

Au début de votre mandat, la RTBF avait pourtant déjà subi une cure d'amaigrissement…

Cette fois, on a atteint les limites de nos capacités contributives. On ne peut pas faire entrer un carré dans un cercle.

Hormis le volet emploi commente allez-vous procéder?

Dans les semaines qui viennent, nous allons ajouter un avenant à notre contrat de gestion puisque des dispositions qui y sont prévues seront supprimées (la double indexation, NDLR). Nous allons étaler certaines dépenses immobilières à Bruxelles, à Charleroi et à Liège où le 2ème studio de notre nouveau centre sera reporté. L'aide à la production indépendante ne sera pas non plus augmentée, mais nous allons continuer à investir dans la fiction. Nous allons aussi rogner sur nos frais de fonctionnement. Mais il n'est pas question de supprimer une chaîne de radio.

Le téléspectateur verra-t-il les effets de ces mesures? 

Le moins possible, j'espère. En tout cas, nous n'allons pas supprimer d'émission.

Au contraire, La Trois va apparaître. C'est pour quand?

Quand nous serons prêts! Nous allons supprimer la diffusion de nos programmes sur satellite via RTBF Sat qui coûtait cher. La Trois proposera à la place des programmes pour des publics de niche comme les jeunes, des films en VO, des captations de concerts… Le tout sans publicité.

N'y a-t-il pas un risque de cannibalisation avec vos chaînes existantes?

Au contraire, ces programmes seront diffusés à des heures différentes. La Trois sera donc complémentaire et nous permettra de remplir nos missions en touchant d'autres publics. Elle sera visible en numérique et, pourquoi pas?, sur Belgacom TV.

Côté recettes, vous misez notamment sur la publicité…

Dans l'avenant à notre contrat de gestion, nous allons incorporer la pub sur les médicaments sans ordonnance et les coupures publicitaires de «blockbusters», ce qui nous était interdit. Cela devrait nous rapporter 4 millions d'euros. La commercialisation de nos contenus via les plates-formes numériques devrait aussi générer des recettes. Ainsi, je me réjouis de l'arrivée du Voocorder, le décodeur interactif de Voo.

Plusieurs étages de Reyers vont se libérer. Une opération immobilière est-elle possible?

Non, l'état actuel du marché immobilier ne s'y prête guère.

Le moral n'est pas au beau fixe. Une pétition a notamment circulé. Où en est-on?

C'est normal; il y a eu beaucoup de rumeurs sur l'ampleur des mesures budgétaires. Quant aux couacs de la numérisation de nos outils qui sont à l'origine de cette pétition, ils sont statistiquement logiques. C'est frustrant, c'est vrai. Nous allons en discuter avec les organisations représentatives que sont la Société des journalistes et les syndicats.

 

Interview par Jean-François Sacré

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