Mobile Token a préféré une Pricaf au Marché libre

Mobile Token, qui concurrence notamment Euremis (repris l'an dernier par Belgacom) et emploie 20 personnes, deux fois plus qu'il y a un an, est spécialisé dans l'informatisation du personnel de terrain (gestion, reporting, planification, dispatching...), et singulièrement dans le créneau du field marketing et des techniciens.

(l'echo) Fonds d'investissement? Business angels? Marché libre? A la recherche de 0,5 à 1 million d'euros l'été dernier, histoire de se structurer et d'attaquer l'international, l'éditeur de logiciels professionnels bruxellois Mobile Token a hésité... avant d'opter pour une augmentation de capital de 350.000 euros réservée à Sherpa Invest, l'une des rares Pricaf privées du Royaume.

"Pour les fonds classiques, nous étions trop petits, explique Lionel Anciaux, CEO, fondateur (en 2001) et aujourd'hui actionnaire à hauteur de 65% de la PME, aux côtés de Sherpa Invest (participation dynamique autour de 20%) et de deux membres du management. Les business angels? Il en aurait fallu une flopée, ce qui aurait été difficilement gérable. Quant au Marché libre, qui nous aurait surtout permis de gagner en visibilité, nous avons constaté que les deux ou trois sociétés qui servent d'intermédiaires à ce genre d'opérations développaient surtout un marketing énorme, en affirmant que tout est beau, que tout est magnifique. Entrer en Bourse, quelque part, c'est sexy. Mais nous ne voulions pas réaliser un coup financier, comme certains. Et cela nous aurait coûté très cher en temps et en énergie, alors qu'avec les gens de Sherpa, essentiellement des entrepreneurs qui s'impliquent au quotidien, nous nous concentrons sur notre business. C'est plus raisonnable."

La Pricaf privée Sherpa Invest, qui a été créée en 2005 par l'incubateur bruxellois EEBIC (Erasmus European Business and Innovation Center), ING Private Equity et cinq investisseurs privés, a déjà engagé environ un tiers de ses moyens initiaux (3,3 millions d'euros, dont 1,5 million via le Fonds de participation). "Nous investissons entre 100 et 400.000 euros pour des participations variant entre 15 et 40%, explique Joffroy Moreau, l'un de ses responsables, qui vise toujours un nombre de concrétisations situé entre 10 et 15. Mobile Token est notre troisième dossier, après la société de conseils en archéologie HMS et le tiers-investisseur spécialisé dans le développement durable Green Invest. Depuis, nous avons pris une part dans Bubblegum, une société spécialisée dans les logiciels informatiques d'interprétation, et nous sommes en train de finaliser un investissement dans une boulangerie industrielle."

Mobile Token, qui concurrence notamment Euremis (repris l'an dernier par Belgacom) et emploie 20 personnes, deux fois plus qu'il y a un an, est spécialisé dans l'informatisation du personnel de terrain (gestion, reporting, planification, dispatching...), et singulièrement dans le créneau du field marketing et des techniciens. La PME réalise actuellement 40% de ses ventes de façon indirecte, entre autres via Siemens et Econocom, mais aimerait progressivement porter cette proportion à environ deux tiers, pour se concentrer sur son métier d'éditeur tout en restant en contact direct avec le marché. Elle travaille notamment pour Unilever, Master Fodds, CPM, GIA, Jerouville, et compte un peu moins de 20.000 utilisateurs.

"En réalité, nous n'avions pas vraiment besoin de l'argent de Sherpa, affirme Lionel Anciaux. Nous sommes rentables depuis 2004 et notre trésorerie, en dehors de l'apport de Sherpa, atteint environ 200.000 euros. Mais voilà, le marché se structure. Nous devons grandir, nous structurer et étendre nos activités à l'international, en priorité dans les pays limitrophes, en créant un bureau ou en nous associant à un partenaire local. Nous devons nous préparer à nous développer fortement à l'international ou à nous adosser à un partenaire, d'ici 2 à 3 ans."

Une cession? "Nous sommes ouverts à tout, y compris à une entrée en Bourse, explique Lionel Anciaux. Nous savons d'ailleurs que plusieurs de nos partenaires actuels sont prêts à nous aider à croître, sans développer eux-mêmes cette activité...".

Mobile Token, qui a réalisé un chiffre d'affaires d'un peu moins d'1 million d'euros l'an dernier, compte doubler ses revenus en 2007. Sa marge, qui atteignait environ 15% en 2005, devrait quant à elle être réduite à sa plus simple expression, comme en 2006. "Nous sommes vraiment inscrits dans une logique de croissance, conclut le CEO. Nous allons vraiment utiliser l'argent à notre disposition."

Xavier Degraux

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