Sous les sifflets, le patron de Telekom renonce à deux mois de salaire

Le signe de solidarité avec les salariés confrontés à une restructuration n'a pas suffit à alléger l'ambiance houleuse de la première assemblée générale de René Oberman.

L'Echo - Le patron de Deutsche Telekom a décidé jeudi de renoncer à deux mois de salaire, soit environ 150.000 euros, un signe de solidarité avec les salariés confrontés à une restructuration, mais qui n'a pas suffit à alléger l'ambiance houleuse de sa première assemblée générale.

"Je veux montrer en tant que président du directoire ma responsabilité particulière et renonce donc à deux mois de salaire", a déclaré René Obermann, l'air grave, devant les petits actionnaires et les salariés de l'entreprise de télécommunications qui ont sifflé et interrompu son discours à plusieurs reprises.

Les autres membres du directoire ont quant à eux décidé de renoncer à un mois de leurs émoluments, qui en 2006 se sont élevés en moyenne à 116.000 euros mensuels par personne, bonus compris.

Une mesure à mettre en parallèle avec les baisses de salaire de 9% et les augmentations du temps de travail exigées par l'entreprise pour garantir l'emploi de 50.000 salariés qui doivent être externalisés dans une nouvelle filiale.

Des exigences rejetées par le syndicat des services Verdi, qui a appelé jeudi les employés à cesser le travail, des centaines étant même venus manifester à Cologne (Ouest) où avait lieu l'assemblée générale.

Tout en laissant "la porte ouverte pour un accord avec Verdi", René Obermann s'est montré fidèle à sa position. "Nous devons nous restructurer", a-t-il martelé, y voyant le seul moyen pour l'ex-monopole de maintenir sa position de leader dans un marché des télécommunications de plus en plus concurentiel.

Une position que les petits actionnaires soutiennent, comme Lars Labryga, membre de l'association des petits porteurs (SdK): "si les actionnaires n'avaient pas été prêts à placer leur argent dans l'entreprise, beaucoup des employés seraient aujourd'hui au chômage", cherchant ainsi à justifier le versement par Deutsche Telekom d'un dividende de 0,72 euro par action.

Le bénéfice net de l'entreprise a fondu l'an passé de 43% à 3,16 milliards d'euros, qui seront presque entièrement dépensés dans le dividende.

Deutsche Telekom est confronté depuis plusieurs années à des défections massives de clients, particulièrement dans la téléphonie fixe, "une tendance qui ne pourra pas s'inverser", selon son patron.

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