Telecom Italia, convoité par les USA, restera dans des mains européennes

(afp) La reprise d'une partie du capital de Telecom Italia par un consortium italo-espagnol met fin à des mois de tractations et aux convoitises américaines, permettant à l'un des fleurons industriels de l'Italie de rester entre les mains d'investisseurs européens.

"L'accord entre Telefonica et Telecom Italia est la première grande alliance entre deux opérateurs européens de télécoms, pendant longtemps monopoles d'Etat. C'est un tournant important qui pourrait mener à la création dans les prochaines années d'une nouvelle grande compagnie européenne", a commenté dimanche le quotidien économique Il Sole-24 Ore.

Le conseil d'administration de Pirelli, premier actionnaire de Telecom Italia qui avait mis en vente Olimpia, la holding qu'il contrôle et qui détient 18% de l'opérateur de télécommunications italien, a annoncé samedi soir accepter l'offre d'une alliance d'entités italiennes et espagnole pour 4,1 milliards d'euros.

Aux côtés des banques italiennes Intesa Sanpaolo et Mediobanca, du groupe d'assurances Generali et de la famille Benetton qui vont contrôler 57,7% de la nouvelle holding baptisée Telco, le géant des télécoms espagnol Telefonica participera à hauteur de 42,3%.

Mais si la participation de l'opérateur espagnol n'est pas négligeable, ses pouvoirs dans Telco comme dans Telecom Italia seront limités.

Au sein de Telco, tout a été fait pour éviter que Telefonica se retrouve majoritaire en cas de revente d'une part italienne. Le président ne pourra être désigné que par les Italiens, qui auront 6 conseillers contre 4 pour l'Espagnol.

Au conseil d'administration de Telecom Italia, Telefonica aura droit à deux des quinze sièges.

"Je suis satisfait de l'accord" qui clôt "une phase d'incertitude", a déclaré samedi dans un communiqué le ministre des Télécommunications Paolo Gentiloni, réfutant l'idée de "toute forme d'intervention" de la part du gouvernement.

Le gouvernement de centre-gauche de Romano Prodi, qui avait reconnu préférer le maintien de Telecom Italia entre des mains italiennes, avait été accusé de protectionnisme par la droite mais aussi par les autorités américaines après le retrait du géant américain ATT.

ATT, allié au mexicain American Movil, avait retiré son offre le 16 avril en évoquant de "possibles incertitudes réglementaires", une explication interprétée comme un signe de défiance envers le monde politique italien et également de prudence face aux incertitudes concernant l'éventuelle séparation du réseau fixe de l'opérateur italien du reste de ses activités.

Au terme de l'opération conclue ce week-end, Telco ne possèdera non pas 18% de Telecom Italia mais un total de 23,6%, a précisé samedi soir Pirelli car Mediobanca et Generali vont aussi apporter à Olimpia les participations qu'ils détiennent déjà dans Telecom Italia, à savoir 1,54% et 4,1%.

L'offre de reprise a été déposée à un prix plancher de 2,82 euros par titre.

Telecom Italia, privatisé en 1997, est le plus grand groupe privé d'Italie. Patron de Pirelli, M. Provera cherchait depuis l'été 2006 à vendre Olimpia.

Telecom Italia (environ 80.000 employés) a enregistré un bénéfice net de 3,01 milliards d'euros en 2006 en recul de 6,3%.

Les journaux italiens ont évoqué à propos de cette alliance le rôle joué par les bonnes relations entre Romano Prodi et son homologue espagnol José Luis Zapatero.

Alors que le groupe de BTP espagnol Acciona et l'électricien italien Enel ont un projet d'OPA commune sur l'électricien espagnol Endesa, Madrid a autorisé vendredi Enel à relever ses droits de vote dans Endesa.

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