Telefonica conforte l'axe économique Madrid-Rome

(afp) Le géant espagnol des télécommunications Telefonica met un pied en Italie, en acquérant une part indirecte de 10% dans Telecom Italia, opération qui consacre les bonnes relations économiques entre Rome et Madrid après l'opération de l'électricien italien Enel sur Endesa.

Le groupe espagnol qui s'affiche par chiffres d'affaires à la deuxième place européenne derrière Deutsche Telekom, devant France Telecom et Vodafone, va ainsi devenir premier actionnaire indirect et surtout partenaire industriel du numéro un italien des télécoms.

"Par cette opération, Telefonica consolide ses relations avec Telecom Italia", souligne le groupe espagnol qui a conclu l'anné 2006 sur un chiffre d'affaires de 52,9 milliards d'euros (+41,5%) et un bénéfice net record de 6,2 mds EUR (+40,2%).

Les deux groupes ne sont pas en concurrence frontale sur leur marché national qu'ils dominent tous deux et affichent des profils relativement complémentaires en Europe avec une forte présence de l'espagnol dans la téléphonie mobile en Grande-Bretagne et Allemagne (à travers O2) et tandis que l'italien est lui plus tourné vers l'internet et la téléphonie fixe.

Les deux groupes ont aussi pour caractéristique commune d'être fortement présents en Amérique latine: Telefonica affiche 114 millions de clients latino-américains sur un total de 200 millions tandis que Telecom Italia est leader dans la téléphonie mobile au Brésil avec sa filiale Tim-Brasil

Malgré sa position de premier actionnaire indirect dans Telecom Italia, Telefonica ne va pas diriger ou contrôler le groupe italien.

L'espagnol ne disposera que de deux membres au conseil d'administration de Telecom Italia sur un total de 19 conseillers. De plus les représentants espagnols s'abstiendront de participer ou de voter lorsqu'il s'agira de décisions "affectant les pays où les deux compagnies sont présentes", selon le communiqué de Telefonica.

"Les deux compagnies seront gérées de manière autonome et indépendante" souligne encore le groupe espagnol. Toutefois les deux partenaires comptent bien réaliser ensemble "des synergies" et "des économies de coûts".

Le groupe espagnol qui est devenu en 2006 le groupe de télécoms avec les profits les plus élevés en Europe, réalise, avec cette acquisition, sa deuxième opération d'envergure sur le vieux continent après le rachat en 2005 de l'opérateur britannique de téléphonie mobile O2.

L'opération Telefonica-Telecom Italia vient renforcer un nouvel axe économique entre l'Espagne et l'Italie --deux pays gouvernés par le centre-gauche--, après l'irruption surprise de l'italien Enel dans le feuilleton Endesa.

Enel est devenu en février premier actionnaire du groupe d'électicité Endesa avec une part de près de 25% et a réussi, avec la bienveillance du gouvernement socialiste espagnol, à faire échec au projet de reprise d'Endesa par l'allemand EON.

Le groupe d'electricité détenu à 30% par l'Etat italien lancera à l'automne une OPA sur Endesa, avec l'appui d'un partenaire espagnol, le groupe de BTP Acciona, qui sera la plus grosse OPA du secteur de l'énergie jamais lancée.

Ce nouvel axe économique du sud de l'Europe se base sur les "excellentes" relations qu'entretiennent les deux chefs de gouvernement, Romano Prodi et José Luis Rodriguez Zapatero.

Lors du dernier sommet bilatéral Espagne-Italie en février à Ibiza, les deux leaders avaient souligné leur harmonie de vues, tout particulièrement sur les questions économiques.

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