Une année 2008 prometteuse pour EVS

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Le spécialiste des solutions numériques pour la télévision et le cinéma a terminé l'exercice sous revue sur un chiffre d'affaires de 94,7 millions d'euros en hausse de 11,2%, là où le marché attendait au moins 94 millions. Alors que se profilent le championnat d’Europe de football en Suisse et en Autriche et, surtout, les Jeux Olympiques de Pékin, les perspectives pour 2008 s’avèrent très prometteuse. Le carnet de commandes s’élève déjà à 36,4 millions d’euros.

Bruxelles (LEcho) - Où s’arrêtera  donc EVS? , Alors que les années impaires ne lui sont traditionnellement pas favorables,  faute d’événements sportifs d’envergure (JO, Mondial et Euro de foot), la société liégeoise spécialisée dans les applications vidéonumériques professionnelles destinées aux productions TV,  a une fois de plus signé de forts bons résultats en 2007. «Alors que ce devait être une année de transition, 2007 s’est avérée être une année de croissance», se réjouit son CEO Pierre Lhoest.

En un an, le  cours de Bourse d’EVS  a gagné 50%; sa capitalisation boursière avoisine aujourd’hui le milliard d’euros, soit dix fois son chiffre d’affaires. En 2007, celui-ci a encore progressé de 11,2% à 94,7 millions d’euros. Le résultat d’exploitation s’est élevé à près de 62 millions d’euros, en hausse de 8,8%, ce qui permet à EVS de présenter une marge d’exploitation peu banale de 65,4%. Quant au résultat net, il est stable à 39,5 millions d’euros d’euros. Ce que le directeur financier, Jacques Galloy, explique par le fait que  les frais fixes ont augmenté, la société ayant engagé 30 personnes l’an dernier, soit une hausse de 20% des effectifs .

Champ d'application élargi

Le bilan est donc résolument positif :  «C’est la conjonction de deux éléments, résume  Jacques Galloy; l’augmentation de l’activité dans les studios de production  et l’augmentation de la pénétration de la haute définition partout dans le monde.» Encore  souvent assimilée  de façon un peu réductrice à un spécialiste du ralenti sportif, EVS a depuis trois à quatre ans élargi son champ d’action. Son activité  dans les studios numériques (comme ceux de  RTL aujourd’hui et de la RTBF demain) représente désormais  près d’un tiers de son chiffre d’affaires. «De plus en plus de clients abandonnent la cassette vidéo traditionnelle pour des serveurs qui stockent et archivent numériquement les séquences diffusées à l’antenne», explique  Galloy. De fait, alors que l’activité traditionnelle «cars de régies/ralentis sportifs » a crû de 5,7%, l’activité studios a, elle, augmenté de plus de 25%. EVS explique que ce passage au numérique est à son tour favorisé par la transition vers la télévision haute définition , les nouveaux équipements étant amenés à fonctionner en HD.

Le meilleur est encore à venir

Alors que se profilent le championnat d’Europe de football en Suisse et en Autriche et, surtout, les Jeux Olympiques de Pékin, les perspectives pour 2008 s’avèrent très prometteuse. Le carnet de commandes s’élève déjà à 36,4 millions d’euros, dont 38% pour les studios, contre 21,8 millions l’an dernier à la même époque, soit une hausse de 67%. Mais les locations liées aux grands événement sportifs ne représentent que 1,8 millions d’euros de ces commandes. C’est dire si  le meilleur reste encore à venir avec les événements sportifs estivaux. Des événements qui mobiliseront toutes les énergies de la société. Rien que pour les JO, 30 à 60 personnes seront sur le pont. «Ces évènements constitueront aussi une belle vitrine de notre savoir-faire», se félicite  Pierre Lhoest en réfléchissant à plus long terme. 

 Les dirigeants d’EVS refusent cependant de se fixer des objectifs de croissance précis, même s’ils s’attendent logiquement à un premier semestre fort. Mais ils ne cachent pas que la faiblesse du dollar reste un facteur d'incertitude, surtout quand on sait qu’EVS réalise 30% de son chiffre d’affaires aux Etats-Unis.

Ce bulletin serait idyllique, s’il n’y avait XDC, la filiale à 47% d’EVS  spécialisée dans le cinéma numérique. Celle-ci a vu ses ventes augmenter de 7% mais elle est toujours en pertes, contribuant négativement  au  résultat opérationnel à hauteur de 3 millions d ‘euros.   Selon Jacques Galloy, l’équilibre n’est pas attendu avant trois ans.  


Jean-François Sacré

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