AB InBev: reprise du dialogue en vue

©REUTERS

Direction et syndicats ont accepté la proposition des conciliateurs sociaux. Reste aux instances syndicales à consulter leurs bases, dont l’aval est indispensable pour donner vie à ce préaccord.

(L'Echo) - La troisième réunion de conciliation aura été la bonne pour InBev Belgique. Alors que les positions des deux parties en présence semblaient a priori irréconciliables, la direction et les représentants syndicaux ont accepté hier la proposition des présidents du bureau de conciliation. Une heureuse surprise, qui semble indiquer que tout le monde a fini par faire des concessions. L’annonce de la fermeture d’Opel Anvers faite le même jour a sans doute joué un rôle dans cette pièce, ne serait-ce qu’en augmentant la tension dans le chef des travailleurs. Côté direction, celle-ci aura aussi été accrue par la mise à l’arrêt de la brasserie Diekirch, au Luxembourg,  et la solidarité avec les Belges affichée par les employés et ouvriers de la brasserie de Dommelen, aux Pays-Bas. Reste à présent aux instances syndicales à consulter leurs bases, dont l’aval est indispensable pour donner vie à ce préaccord.

La proposition retenue hier peut se résumer en quatre points:

- Le dialogue social entre direction et  représentants des travailleurs va redémarrer;

- Les deux parties vont s’échanger les informations sur le plan industriel et l’avenir d’InBev Belgique, analyser les problèmes et rechercher des solutions en concertation;

- Les barrages à l’entrée des sites de production seront levés au plus tard ce vendredi;

- Les travailleurs seront payés pour les journées des 20 et 21 janvier alors que, pour rappel, la direction voulait imposer le régime du chômage temporaire à son personnel parce que celui-ci était, ces jours-là, dans l’impossibilité matérielle de travailler.

Tout ceci signifie que la procédure Renault est arrêtée. «Le plan industriel concernant l’avenir d’InBev Belgique concernera tous les sites et tous les départements d’InBev Belgique», précise le groupe dans un communiqué. «Les négociations (...) seront encadrées par la présence d’un représentant de la direction européenne. Dans ce cadre, un conseil d’entreprise européen sera convoqué.»

Concrètement, les syndicats vont présenter, ce vendredi, la proposition au personnel réuni en assemblée. Du résultat de ces consultations dépendra la levée effective des murs de casiers bloquant les brasseries. Tout devrait donc se jouer aujourd’hui. Un «oui» global des travailleurs n’est pas garanti à 100%.

Dans les rangs syndicaux, on percevait certains tiraillements hier soir, notamment sur l’interprétation exacte à donner au texte issu de la conciliation. «On annonce l’arrêt de la procédure Renault, mais on dit qu’il y a tout de même un problème chez AB InBev et qu’il faut chercher une solution: cela ne veut pas dire que la direction retire son plan, selon moi, estime Marc Sparmont, secrétaire permanent du Setca Liège.  Je prends acte de la proposition des conciliateurs, mais c’est la base qui va décider.»

Va-t-il néanmoins défendre ce texte auprès des travailleurs? «C’est une bonne question. Je vais le présenter à la base, laquelle est suffisamment mûre, formée et réfléchie pour prendre position. On repart d’une page blanche: c’est une victoire pour les travailleurs, certes, mais a-t-on obtenu ce qu’on voulait?»

En revanche pour Denis Gobert, secrétaire permanent CNE, «le plan de la direction est bel et bien retiré puisque la procédure Renault est arrêtée et qu’on ne parle plus des 299 licenciements». Il souligne aussi le rôle de parrainage que jouera le bureau de conciliation durant la suite des négociations. Un élément important, «car on reste dans le cadre d’une discussion avec une multinationale qui cherche toujours plus d’argent et qui cherchera à atteindre son objectif», ajoute-t-il.

De son côté, AB InBev n’a pas souhaité faire de commentaires.                    

M.Lw.

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés