Bénéfice en hausse pour UPS, mais Wall Street s'inquiète des perspectives

Le groupe de messagerie américain UPS a annoncé mardi une hausse de 7,6% de son bénéfice net au deuxième trimestre, mais donné des prévisions assez pessimistes pour le reste de l'exercice sur fond de pétrole cher, ce qui a fortement inquiété Wall Street.

(afp) Vers 18H15, l'action d'UPS (United Parcel Service) chutait de 14,44% à 68,45 dollars alors que l'indice Dow Jones perdait pour sa part -0,28%.

Merrill Lynch a baissé sa recommandation sur l'action de "acheter" à "vendre".

Selon Al Goldman, analyste de AG Edwards, cette réaction très négative s'expliquait par "les commentaires décevants" fournis par la direction lors de la téléconférence qui a suivi la présentation des résultats.

La direction craint un ralentissement de l'économie aux Etats-Unis, alors qu'UPS est un groupe "très dépendant du niveau d'activité économique" général dans le pays, a expliqué Al Goldman, soulignant que ses expéditions s'étendaient à tout le territoire américain.

Scott Davis, directeur financier d'UPS, a évoqué le risque d'une "modération" de l'économie américaine au second semestre "après la rapide croissance que nous avons observée au premier trimestre".

Dans un communiqué le groupe de messagerie a indiqué que la croissance de sa rentabilité en 2006 devrait se situer dans le bas de la fourchette de prévision qu'il donnait jusqu'alors, à savoir 11-16%.

En outre, pour le troisième trimestre, UPS a dit tabler sur un bénéfice par action compris entre 87 et 91 cents, inférieur d'environ 10% aux prévisions moyennes des analystes. Celles-ci s'affichent à 97 cents d'après le consensus First Call.

Pour tenter de minimiser l'impact de cette mauvaise nouvelle UPS a précisé que le troisième trimestre 2006 comprenait moins de jours ouvrables que la même période l'année précédente, et que cet déficit de jours pouvait expliquer 4 à 5 cents de baisse.

Pour le deuxième trimestre, UPS a fait état d'un bénéfice net de 1,06 milliard de dollars, en hausse de 7,6% sur un an, pour un chiffre d'affaires de 11,74 milliards (+15,2%). Les analystes tablaient sur des ventes de 11,61 milliards d'après First Call.

Mais pour le bénéfice par action, le résultat affiché (97 cents) s'avère inférieur aux prévisions moyennes du marché, établies à 1,00 dollar, toujours d'après First Call.

Le groupe n'a pas fait état d'éléments exceptionnels, mais a indiqué que ses dépenses d'exploitation avaient augmenté de 16,2% sur un an, réduisant de près d'un point de pourcentage la marge bénéficiaire (à 14,4% contre 15,2% au deuxième trimestre 2005).

"La pression sur les coûts au deuxième trimestre est principalement due au carburant", a poursuivi Scott Davis lors de la téléconférence, en relevant que le prix du kérosène avait pris 14% entre le début et la fin du 2e trimestre et celui de l'essence diesel 11%.

Au total, cette augmentation des produits pétroliers a entraîné un surcoût d'environ 25 millions de dollars par rapport à ce que le groupe avait envisagé il y a trois mois, a ajouté le directeur financier.

Aux Etats-Unis, le chiffre d'affaires sur le trimestre a progressé de 7,5% à 7,46 milliards de dollars pour un bénéfice d'exploitation de 1,23 milliard en hausse de 9,8%. Le volume moyen de colis acheminés chaque jour a atteint 13,3 millions en hausse de 4,7%.

A l'international, le chiffre d'affaires a progressé de 11,5% à 2,23 milliards de dollars pour un bénéfice d'exploitation de 4,3% à 414 millions. Le volume quotidien moyen de colis transportés a atteint 1,7 million en progression de 13,3%.

Pour le premier semestre, le bénéfice net d'UPS s'est affiché à 2,04 milliards de dollars, en hausse de 9% sur un an, pour un chiffre d'affaires de 23,26 milliards (+15,8%).

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