Brussels Airlines fait des économies grâce à la descente continue

©BELGA

Avec la crise économique, les compagnies aériennes sont amenées à réduire leurs dépenses opérationnelles. Brussels Airlines qui avait déjà annoncé précédemment l'allègement de ses avions pour consommer moins de carburant, teste actuellement une nouvelle technique de pilotage en phase de descente vers les aéroports. La facture de kérosène s'en voit diminuée, et le confort des passagers est sensiblement amélioré.

Bruxelles (L'Echo) - Brussels Airlines est l'une des rares compagnies européennes à recourir à la nouvelle technique 'approche des aéroports qui n'en est actuellement encore qu'à la première phase d'essai.

"Le but est d'effectuer une descente de façon continue depuis le niveau de vol de croisière jusqu'à l'atterrissage ", explique Philippe Coupez, responsable de la flotte Airbus de Brussels Airlines. Traditionnellement, une descente s'effectue par paliers et elle nécessite donc la remise des gaz pour se maintenir à un certain palier. Ce qui n'est pas le cas avec la descente continue (Continuous descent approach) qui voit l'avion réduire sa vitesse progressivement avant l'atterrissage.

Actuellement, la technique est appliquée quand il y a moins de trafic, mais elle pourrait devenir la norme à l'issue des différentes phases de test.  Elle présente en effet plusieurs avantages non négligeables pour les compagnies, les contrôleurs aériens, les passagers et les aéroports. "Pendant la descente continue, la puissance des moteurs est réduite au maximum, ce qui engendre des économies pour les compagnies. Il y a également un gain pour le contrôle de la circulation aérienne (ATC) qui peut séquencer les avions de manière régulière. De plus, la technique est plus confortable pour les passagers qui sentent au début de la descente que les moteurs se réduisent et puis plus rien jusqu'à l'atterrissage.  Enfin, cela permet une diminution du bruit à l'approche des aéroports ", explique Philippe Coupez qui conclut que " tout le monde peut y gagner ". Il chiffre le gain en terme de carburant à 7 ou 8% du carburant utilisé pour la descente, soit jusqu'à 150 kg de carburant pour un long courrier.

La technique semble donc prometteuse. Encore faut-il qu'elle devienne une procédure applicable à tous les avions. " Cela va durer pas mal de temps avant que la procédure définitive soit publiée. L'idée c'est d'y arriver l'été prochain ", explique Philippe Coupez. Les compagnies ont tout intérêt à ce que la procédure soit publiée car à partir de 2011 elles seront taxées sur leurs rejets de C02.

Au niveau international, il n'y a encore aucun accord sur la  définition de la descente continue. "Pour nous, il y a descente continue d'un point bien précis jusqu'à l'atterrissage si à aucun moment l'avion ne doit se retrouver en palier ", explique Philippe Coupez. En revanche, pour les Scandinaves et les Britanniques, la descente est dite continue même si elle présente une portion de moins de trois nautiques (5km) en vol horizontal.

Actuellement, la descente continue est appliquée une vingtaine de minutes avant l'atterrissage chez Brussels Airlines. "Le but serait de débuter depuis le niveau de croisière. Mais c'est impossible à faire pour une question de coordination entre les différents contrôles aériens nationaux", explique-t-il. La solution devrait venir en 2012 du paquet législatif européen " Ciel unique européen " qui vise notamment à restructurer l'espace aérien en fonction du trafic et non des frontières nationales. Outre l'application de la descente continue sans obstacles aux frontières, cette législation permettrait aux pilotes de voler de manière rectiligne d'un point A à un point B, avec ici aussi des économies substantielles à la clé.

Sébastien Procureur

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