Carrefour: prudence de Sioux sur les perspectives... et les sujets qui fâchent

Actualité oblige, c'est en souhaitant la bienvenue à ses nouveaux actionnaires que José-Luis Duran, le président du directoire de Carrefour, a entamé la présentation des résultats annuels du distributeur. Et à en croire le dirigeant, la prise d'une participation de près de 10% du Groupe Arnault et de Colony Capital doit bien se concevoir dans une vision de long terme et comme un soutien à la stratégie mise en place au sein du distributeur.

(l'écho) Une stratégie qui, rappelons-le, doit permettre à Carrefour d'annoncer une progression à deux chiffres tant de ses ventes que de son résultat. Ce qui n'est pas encore le cas à l'heure actuelle. Carrefour a en effet enregistré en 2006 un résultat net des activités poursuivies de 1,85 milliard en hausse de 3,3%, sur un chiffre d'affaires hors taxes de 77,5 milliards d'euros en progression de 6,6%.

José-Luis Duran a notamment pointé la pression constante sur les marges du groupe, notamment en France où la concurrence sur les prix reste très forte. Mais Carrefour n'entend pas lâcher le morceau pour autant. "Nous voulons être reconnus comme le leader en prix", affirme son dirigeant. C'est pourquoi le prix restera encore au centre de la stratégie dans les années à venir. "Nous ne voulons pas remettre en cause notre stratégie pour obtenir du résultat à court terme", a-t-il ainsi martelé.

En conséquence, Carrefour a déjà prévenu le marché que la croissance du résultat net opérationnel en 2007 (avant éléments courants) "sera inférieure à celle des ventes".

Par contre, pour 2008, "une progression de notre résultat opérationnel en ligne avec le chiffre d'affaires reste notre objectif, a-t-il assuré. Nous privilégierons le chiffre d'affaires et les parts de marché au résultat".

Cette prudence n'a guère été au goût du marché qui sanctionnait le titre Carrefour d'un -1,84% à 51,83 EUR en début d'après-midi. A moins que ce recul ne soit à attribuer aux tentatives du groupe de couper l'herbe sous le pied des rumeurs, en affirmant haut et fort l'intention de la famille Halley de rester dans le capital de l'entreprise. "La part de la famille Halley reste exactement la même qu'auparavant (13%, ndlr)", a d'ailleurs insisté Jose-Luis Duran.

Pas de cession à l'ordre du jour non plus pour les actifs immobiliers. De nombreux observateurs estiment en effet qu'Arnault et Colony Capital pourraient pousser le groupe à céder son trésor immobilier dormant valorisé entre 15 et 20 milliards d'euros. "L'immobilier peut être un vecteur de création de valeur pour les actionnaires", a néanmoins reconnu Duran.

Finalement, le sujet Luc Vandevelde, dont la démission du poste de président du conseil de surveillance a été annoncée hier, sur fond de divergences avec les actionnaires familiaux du distributeur, est lui resté des plus tabous. "Ce départ n'est pas lié au plan opérationnel", a simplement lâché Duran, du bout des lèvres. La messe était dite.

Anne-Sophie Bailly

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